Philippines: Des raids anti-communistes font neuf morts aux Philippines
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PhilippinesDes raids anti-communistes font neuf morts aux Philippines

L’ONU s’est dite «consternée» par l’escalade des violences perpétrées contre des défenseurs des droits humains dans les environs de Manille, capitale des Philippines. Les opérations des forces de l’ordre disaient viser des rebelles communistes.

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AFP
Cette série de meurtres intervient alors que le président philippin Rodrigo Duterte a renouvelé son appel aux forces de l’ordre à «ignorer les droits de l’Homme» et tuer les rebelles communistes

Cette série de meurtres intervient alors que le président philippin Rodrigo Duterte a renouvelé son appel aux forces de l’ordre à «ignorer les droits de l’Homme» et tuer les rebelles communistes

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«Nous sommes consternés par les meurtres apparemment arbitraires de neuf militants», dont une femme, a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève.

Ces personnes ont été tuées «lors d’opérations policières et militaires simultanées menées dans les provinces de Batangas, Cavite, Laguna et Rizal, aux alentours de la métropole de Manille, aux Philippines, aux premières heures dimanche matin», a-t-elle ajouté.

«Etiquetage rouge des défenseurs des droits humains»

Selon l’ONU, il s’agissait de militants qui défendaient notamment les droits des communautés des pêcheurs, le droit du travail et les droits des populations autochtones. Six personnes auraient également été arrêtées pendant les opérations, selon l’ONU. «Nous sommes profondément préoccupés par le fait que ces derniers meurtres sont le signe d’une escalade des violences, des actes d’intimidation, de harcèlement et de l’étiquetage «rouge» des défenseurs des droits humains», a souligné Mme Ravina.

«Ces derniers meurtres sont le signe d’une escalade des violences, des actes d’intimidation envers les défenseurs des droits humains.»

Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

Le Haut-Commissariat a été informé par le gouvernement «que l’opération était basée sur des mandats de perquisition émis dans le cadre de sa campagne anti-insurrectionnelle contre la Nouvelle armée du peuple», branche armée du Parti communiste des Philippines. L’exécution de tels mandats de perquisition a déjà entraîné d’autres meurtres, a indiqué Mme Ravina, citant le décès de neuf militants des droits des peuples autochtones Tumandok le 30 décembre à Panay.

Appel à «ignorer les droits de l’Homme»

Dimanche, les raids ont été lancés deux jours après un nouvel appel du président philippin Rodrigo Duterte, dont la sanglante «guerre contre la drogue» a coûté la vie à des milliers de personnes, demandant aux forces de l’ordre d’«ignorer les droits de l’Homme» et de tuer les rebelles communistes. Aux Philippines, la commission indépendante pour les droits de l’Homme a indiqué lundi avoir envoyé une équipe pour enquêter sur ces morts et ces arrestations.

«Les défenseurs des droits de l’Homme ont toujours été accusés de servir de façade pour la branche armée du Parti communiste.»

Ravina Shamdasani

Ces derniers mois, selon l’ONU, des dizaines de militants et plusieurs journalistes ont été arrêtés, notamment à l’occasion de la Journée des droits de l’Homme, le 10 décembre. «Les défenseurs des droits de l’Homme ont toujours été étiquetés «rouge» ou accusés de servir de façade pour la branche armée du Parti communiste», a souligné Mme Ravina, en rappelant que dans un rapport de juin 2020 le Haut-Commissariat a mis en garde contre ce type d’étiquetage «extrêmement dangereux».

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