Actualisé 26.09.2015 à 05:19

SyrieDes rebelles formés par les USA ont remis des armes à Al-Qaïda

L'armée américaine a reconnu que certains rebelles formés par elle avaient remis des munitions à la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Un document de propagande du fron al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaida.

Un document de propagande du fron al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaida.

Keystone

Des rebelles syriens formés par les Etats-Unis ont remis une partie de leur équipement et munitions au Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, en échange d'un sauf-conduit, a reconnu vendredi le Centcom. L'information est «très préoccupante», a-t-il ajouté.

Les insurgés ont laissé «six pick-up et une partie de leurs munitions à un intermédiaire soupçonné d'appartenir au Front al-Nosra, soit à peu près 25% de leur équipement», a précisé dans un communiqué le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom).

«Nous ne savons que ce qu'ils nous disent»

S'il est confirmé, ce comportement constitue une violation des règles du programme de formation des nouvelles forces syriennes (NSF/New Syrian forces), a indiqué un porte-parole du Centcom.

Selon un responsable américain, il n'y a pas eu de défection de combattants vers le Front al-Nosra. Mais «nous ne savons que ce qu'ils nous disent», a-t-il ajouté.

Fiasco du programme

L'épisode marque un nouveau coup pour la crédibilité de ce programme lancé par les Etats-Unis au début de l'année. Il était censé former et équiper 5400 rebelles par an pendant trois ans, pour se battre en Syrie contre l'Etat islamique (EI). Mais il n'a pour l'instant permis que de former deux groupes de 54 et 70 combattants, selon les chiffres du Pentagone.

Un premier groupe de 54 combattants avait rejoint la Syrie en juillet, mais seule une dizaine d'entre eux étaient réellement sur le terrain la semaine dernière, selon l'armée américaine.

Le deuxième groupe est entré en Syrie la semaine dernière. Le Pentagone avait dû démentir cette semaine qu'une partie d'entre eux avait rejoint al-Qaïda, comme l'affirmaient des informations circulant sur des réseaux sociaux.

Filtrage drastique des candidats

Le programme a été handicapé notamment par le filtrage drastique des candidats opérés par les Américains. Beaucoup d'experts estiment aussi que la volonté de Washington de limiter le champ d'action des rebelles à la lutte contre l'EI a découragé beaucoup de recrues potentielles.

L'administration américaine est en train de réfléchir à la réforme du programme, pour lequel le Congrès avait débloqué 500 millions de dollars cette année.

(AFP)

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