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Thierrens (VD)Des sapins de Noël pour apporter «joie et chaleur» en temps de pandémie

Un agriculteur du Haut-Jorat vend chaque année près de 3000 sapins de Noël. Ses ventes sont en baisse en raison de la pandémie mais de nombreux clients visitent tout de même sa pépinière pour trouver du réconfort face à la crise.

Près de 45% des 1,5 million de sapins de Noël vendus chaque année en Suisse proviennent de pépinières locales, à l’image de celle de Vincent Pidoux à Thierrens (VD).

Keystone

Le sapin de Noël est une tradition incontournable en Suisse. Pas loin de 1,5 million d’arbres sont vendus chaque année. Si plus de la moitié vient de l’étranger, 40 à 45% proviennent de pépinières locales, à l’image de celle de Vincent Pidoux à Thierrens (VD). Mais cette année, le Covid-19 vient bousculer les habitudes.

«En raison de la pandémie, je constate actuellement 40% de ventes en moins, surtout à nos grossistes qui revendent les sapins sur les marchés de Noël, mais aussi aux communes», affirme à Keystone-ATS Vincent Pidoux, agriculteur du Haut-Jorat qui a créé sa sapinière de quatre hectares en 2008. Cette activité représente environ 40% de son travail traditionnel de paysan, soit quatre mois par an. Sa parcelle compte environ 40’000 sapins.

L’originalité d’Agrisapins dans le Haut-Jorat: la vente directe. Idéale en ces temps de pandémie. «Nos clients viennent se balader librement et choisir directement leur sapin dans notre plantation. On coupe ensuite l’arbre devant eux et ils repartent aussitôt avec», explique le Vaudois. «Ils choisissent la taille et la forme qu’ils veulent. Il n’y a rien de standardisé ici», dit-il.

Le 98% de sa plantation est constituée de sapin Nordmann et le reste de sapins bleus (Pungens), précise-t-il. Ils poussent au naturel, sans aucun traitement herbicide.

«Les clients viennent plus tôt»

Chaque année, Vincent Pidoux coupe entre 2800 et 3000 sapins de mi-novembre au 24 décembre. «Nous vendons en moyenne 50 sapins par jour mais cela peut grimper jusqu’à 120 sapins comme ce samedi». Il compte résolument sur cette vente directe pour limiter le manque à gagner en cette période particulière.

«Cette année, les clients viennent plus tôt que d’habitude à cause du coronavirus. On sent un besoin d’apporter joie et chaleur dans leur maison», observe Vincent Pidoux. Sans compter que «venir chercher son sapin soi-même ramène à l’enfance, à de beaux souvenirs», ajoute-t-il. L’agriculteur est épaulé par son frère et sa mère. Lors de la période des Fêtes, plusieurs amis viennent aussi bénévolement leur donner un coup de main.

L’idée de se lancer dans l’exploitation de sapins lui est venue en lisant un article sur le sujet dans une revue forestière alors qu’il effectuait son CFC de forestier-bûcheron en 2007. Son premier sapin a été planté en 2008 et le premier vendu en 2014. Il faut en effet entre sept et dix ans au conifère pour pousser avant d’être récolté.

Environ 600 hectares en Suisse

À l’échelle suisse, ce sont environ 500 agriculteurs et entreprises forestières qui exploitent des pépinières locales, soit quelque 600 hectares consacrés aux sapins de Noël. La majeure partie pousse en plein champ et seule une petite part provient d’éclaircies en forêt ou de parcelles sous des lignes électriques, selon ForêtSuisse, l’association des propriétaires forestiers.

De novembre à fin décembre, pas moins de 500’000 sapins sont ainsi coupés sur sol helvétique et viendront trôner dans les salons à travers tout le pays. Le Nordmann est le plus apprécié des Suisses: il représente un arbre vendu sur trois.

La culture de sapin est généralement réservée à des surfaces où une sylviculture normale n’est pas possible. Pendant les dix ans de croissance, un hectare de culture de sapins de Noël absorbe jusqu’à 145 tonnes de CO2 et produit jusqu’à 105 tonnes d’oxygène.

Et contrairement aux sapins en plastique, les arbres de Noël naturels présentent un bilan carbone neutre: leur combustion ou leur compostage ne libère pas plus de CO2 qu’ils n’en ont transformé durant leur croissance.

(ATS/NXP)

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