Corée du Nord: Des signes de nouveaux tirs de missiles

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Corée du NordDes signes de nouveaux tirs de missiles

Les autorités sud-coréennes ont affirmé lundi que Pyongyang se préparerait à lancer un nouveau missile intercontinental, après le tir de la veille.

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Les Etats-Unis et la Corée du Sud vont reporter leurs manoeuvres aériennes conjointes pour favoriser le dialogue avec la Corée du Nord. (Dimanche 17 novembre 2019)

Les Etats-Unis et la Corée du Sud vont reporter leurs manoeuvres aériennes conjointes pour favoriser le dialogue avec la Corée du Nord. (Dimanche 17 novembre 2019)

Keystone
La Corée du Nord a testé mercredi un «nouveau type» de missile balistique, tiré à partir d'un sous-marin, au lendemain de l'annonce par Pyongyang de discussions de travail samedi sur le nucléaire avec Washington. (2 octobre 2019)

La Corée du Nord a testé mercredi un «nouveau type» de missile balistique, tiré à partir d'un sous-marin, au lendemain de l'annonce par Pyongyang de discussions de travail samedi sur le nucléaire avec Washington. (2 octobre 2019)

AFP
Washington s'est déclaré prêt à discuter avec Pyongyang. (Mercredi 21 août 2019)

Washington s'est déclaré prêt à discuter avec Pyongyang. (Mercredi 21 août 2019)

Keystone

La Corée du Nord semble avoir entamé des préparatifs en vue de nouveaux tirs de missiles balistiques, a déclaré lundi un responsable du ministère sud-coréen de la Défense. Ce pourrait être un engin balistique intercontinental (ICBM).

«Nous voyons des signes qu'il pourrait y avoir de nouveaux tirs de missiles balistiques. Nous nous attendons aussi à ce que la Corée du Nord tire un missile balistique intercontinental», a précisé Chang Kyung-soo devant le Parlement.

Le responsable du ministère de la Défense était invité à répondre aux questions des députés sur le sixième - et plus important à ce jour - essai nucléaire effectué dimanche par le régime de Pyongyang.

Par ailleurs, la Corée du Sud estime que la Corée du Nord a réussi à miniaturiser l'arme nucléaire de façon à pouvoir en équiper un missile, a annoncé lundi le ministre sud-coréen de la Défense.

«Nous pensons qu'elle pourrait être installée sur un missile balistique intercontinental», a déclaré Song Young-Moo au Parlement

Pas de radiation détectée

Le Japon et la Chine n'ont pas détecté dans leur environnement de substances radioactives provenant de l'essai nucléaire nord-coréen. Les gouvernements des deux pays l'ont déclaré lundi séparément. «Rien de particulier n'a été décelé sur les suivis effectués à travers le pays», a assuré Yoshihide Suga, le porte-parole de l'exécutif nippon, lors d'un point de presse.

La Chine a abouti aux mêmes conclusions: «Les résultats de nos observations ont montré que le test nucléaire de la Corée du Nord n'avait pas eu d'effet sur l'environnement de notre nation ni sur la population», a expliqué le ministère chinois de l'Environnement sur son site internet.

Le ministre japonais de la Défense, Itsunori Onodera, avait indiqué dimanche que des «avions renifleurs» des forces d'autodéfense (nom de l'armée nippone) avaient commencé une campagne de surveillance. Diverses agences gouvernementales étaient aussi mandatées pour effectuer des mesures.

Les craintes d'échappement de substances radioactives ont été renforcées par le fait qu'une deuxième secousse a été enregistrée après celle liée à l'explosion, séisme artificiel attribué à un «affaissement» à proximité du site de test.

Sixième test

Le régime de Pyongyang a réalisé dimanche un 6e test nucléaire, une bombe à hydrogène (ou bombe H) qui a provoqué une déflagration d'une ampleur qui n'avait pas été atteinte lors des précédents essais. Selon des spécialistes sud-coréens, la puissance cette fois était cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai, effectué en septembre 2016 et qui était de 10 kilotonnes.

Avec ce test, considéré comme une nouvelle provocation, la Corée du Nord s'est attirée de vives condamnations de la communauté internationale, le président américain Donald Trump menant la charge en dénonçant des actions «très hostiles et dangereuses pour les Etats-Unis». Le Pentagone a promis à Pyongyang une «réponse militaire massive» en cas de «menace» visant les Etats-Unis. A l'inverse, Moscou, tout en condamnant «le mépris» manifesté par Pyongyang pour les résolutions onusiennes, avait jugé «impératif de rester calme et d'éviter toute action qui conduirait à une nouvelle escalade».

La Chine condamne

Pour sa part, Pékin, principal allié et soutien économique de la Corée du Nord, avait «vigoureusement condamné» la nouvelle provocation de son turbulent voisin. La Chine a exhorté le régime stalinien à «cesser ses actions erronées qui aggravent la situation et ne servent pas ses propres intérêts». Lundi, elle a officiellement fait part de «ses sévères remontrances auprès de la personne responsable de l'ambassade de la Corée du Nord en Chine», a déclaré aux journalistes Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Les dirigeants des puissances émergentes des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont «désapprouvé fortement» lundi l'essai nucléaire effectué la veille par Pyongyang. Ils ont appelé à «une solution pacifique» des tensions autour du programme nucléaire nord-coréen. «Nous exprimons nos profondes inquiétudes sur les tensions persistantes et la question nucléaire dans la péninsule coréenne. Nous insistons sur le fait qu'elles ne peuvent être résolues que par des moyens pacifiques et un dialogue direct de toutes les parties concernées», soulignent-ils dans une déclaration commune.

Déploiement anti-missiles

L'armée sud-coréenne a pour sa part procédé lundi à un exercice de tir de missiles. Elle a aussi annoncé le déploiement temporaire de quatre batteries supplémentaires du système antimissiles américain THAAD en réponse à l'essai nucléaire effectué la veille par la Corée du Nord.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a convenu qu'il était nécessaire d'apporter une réponse militaire aux provocations nord-coréennes, annonce le ministère de la Défense dans un communiqué. Il s'était jusque-là montré favorable au dialogue avec Pyongyang.

Les quatre batteries du système THAAD seront installées dès qu'une étude d'impact environnementale sera achevée, ajoute le ministère sans fixer de date. Ce déploiement a jusque-là été vivement critiqué par la Chine. Moon Jae-in s'y était aussi dit opposé avant son élection au printemps.

Séoul estime à 50 kilotonnes la puissance de l'essai nucléaire nord-coréen

Le sixième essai nucléaire mené par la Corée du Nord était d'une puissance estimée à 50 kilotonnes, ont déclaré lundi des responsables du ministère sud-coréen de la Défense devant le Parlement.

Cette quantité d'énergie signifierait que l'essai était cinq fois plus puissant que le cinquième test nucléaire mené par la Corée du Nord en septembre 2016, et plus de trois fois plus puissant que la bombe américaine qui a ravagé Hiroshima en 1945.

(ats/afp)

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