Actualisé 09.10.2015 à 21:54

Moyen-OrientDes tirs israéliens tuent des Palestiniens à Gaza

Six jeunes Palestiniens ont été tués par les forces armées israéliennes. Ce sont les premiers morts depuis les premiers heurts début octobre.

La limite sud de la bande de Gaza avec l'Egypte. Les tirs sont survenus plus au Nord à la frontière avec Israël.

La limite sud de la bande de Gaza avec l'Egypte. Les tirs sont survenus plus au Nord à la frontière avec Israël.

Photo d'illustration, Reuters

Les violences entre Israéliens et Palestiniens ont franchi un nouveau cap vendredi avec l'agression au couteau de quatre Arabes par un suspect juif et la mort de six Palestiniens à Gaza. Devant la montée des tensions, le chef du Hamas a évoqué une nouvelle intifada.

Six Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par des tirs de l'armée israélienne à travers la clôture séparant le territoire palestinien de l'Etat hébreu. Ils participaient à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem et jetaient des pierres sur les forces de sécurité, ont rapporté des sources médicales à Gaza. Les affrontements ont fait 13 blessés.

Attaques au couteau

Quatre Arabes ont été poignardés à Dimona, une ville du sud d'Israël, par un seul agresseur dont le mobile était d'ordre «nationaliste», a déclaré la police israélienne. Ces agressions semblent répondre à celles commises par des Palestiniens depuis la fin septembre.

Trois nouvelles agressions visant des juifs ont aussi été signalées par la police israélienne quelques heures après les incidents de Dimona: un adolescent de 14 ans a été poignardé dans la vieille ville de Jérusalem, une femme sans doute palestinienne a tenté d'attaquer au couteau un vigile dans le nord d'Israël et un Palestinien a poignardé un policier près d'une colonie juive de Cisjordanie, avant d'être abattu.

Gaza n'est plus épargné

Il s'agit des premiers Palestiniens de Gaza tués depuis la montée des tensions en Cisjordanie et Jérusalem-Est, partie de Jérusalem annexée par Israël. La bande de Gaza et le Hamas, le mouvement islamiste qui la contrôle, étaient restés jusqu'à présent largement à l'écart de la crise actuelle.

Mais vendredi, le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh, n'a pas hésité à parler de nouvelle intifada, après les soulèvements populaires de 1987 et 2000. «Nous appelons à renforcer et accentuer l'intifada (...), Gaza remplira son rôle dans l'intifada de Jérusalem et elle est plus que prête à l'affrontement», a-t-il dit dans son prêche de la prière du vendredi dans une mosquée de Gaza.

Une troisième intifada?

La montée des tensions a réveillé le spectre d'une troisième intifada, après les deux derniers soulèvements et leurs milliers de morts. Les analystes estiment pourtant qu'on n'en est pas encore là. Ils mettent cependant en garde contre le risque qu'un incident grave ne mette le feu aux poudres.

Les Etats-Unis ont déclaré qu'ils considéraient les violences à Jérusalem-Est comme des actes terroristes. L'administration américaine «condamne dans les termes les plus forts les violences contre les citoyens israéliens et palestiniens», a déclaré John Kirby, porte-parole du département d'Etat.

Tensions près des lieux saints

La Cisjordanie et Jérusalem-Est sont le théâtre de heurts quotidiens entre des Palestiniens et des soldats et des policiers israéliens. Les agressions sont mutuelles entre les Palestiniens et les colons.

La colère palestinienne trouve son origine dans la crainte que des visites régulièrement organisées par des groupes juifs sur l'esplanade des Mosquées finissent par réduire le contrôle exercé par les musulmans sur la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam.

Craignant des violences à l'occasion des prières du vendredi, la police israélienne a autorisé uniquement les hommes de plus de 45 ans, ainsi que les femmes de tous âges, à se rendre sur l'esplanade. Des manifestations palestiniennes étaient prévues à l'issue des prières et des milliers de policiers et soldats ont été déployés.

Appels au calme

Dans la Vieille ville de Jérusalem, la police a dû s'interposer vendredi matin pour empêcher de graves affrontements quand quelques dizaines d'hommes portant la kippa et de femmes drapées dans le drapeau israélien ont traversé le quartier musulman pour se rendre au mur des Lamentations dans la partie juive, sous le regard des commerçants palestiniens qui scandaient «Allah Akbar».

Le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont lancé des appels au calme et la police palestinienne continue de coopérer avec les forces de sécurité israéliennes pour tenter de rétablir l'ordre.

(ats)

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