Arc jurassien - Des traverses usagées feront de l’hydrogène pour camions
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Arc jurassienDes traverses usagées feront de l’hydrogène pour camions

Entre le rail et la route, une scierie jurassienne et un bureau neuchâtelois se sont alliés pour une première suisse.

par
Vincent Donzé
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…encore des traverses…

…encore des traverses…

Lematin.ch/Vincent Donzé
…encore des traverses…

…encore des traverses…

Lematin.ch/Vincent Donzé
…encore des traverses…

…encore des traverses…

Lematin.ch/Vincent Donzé

Produire de l’hydrogène avec de vieilles traverses de chemins de fer, c’est l’idée présentée cette semaine par le «Groupe Corbat» de Vendlincourt (JU), une scierie spécialisée dans la mise en valeur du bois issu des forêts jurassiennes. Ce groupe lié au HC Ajoie et à sa patinoire veut construire une unité de production d’hydrogène vert avec le soutien du bureau neuchâtelois «Planair».

Après un incendie survenu en 2019, le «Groupe Corbat» dispose déjà d’une nouvelle fabrique de pellets, à Vendlincourt, via la société «Pellets du Jura». Il s’agit maintenant de transformer des résidus en énergie verte, à l’image d’un boucher qui ne vend pas uniquement des filets, mais des saucisses et du boudin, une comparaison faite cette semaine lors de la présentation du projet.

«Une bonne partie de nos forêts est constituée de hêtres dont seulement 25% sont utilisables en scierie. Le reste est disponible pour produire de l’énergie», a expliqué à «Arcinfo» le directeur Patrick Corbat. Un constat renforcé par la mort des épicéas attaqués le bostryche et des hêtres asséchés par le climat.

1500 voitures ou 40 camions

Le projet est né à La Sagne (NE), dans un bureau d’ingénieurs-conseils en énergie et environnement. «Planair» a développé une unité de production baptisée «H2Bois». Cette usine sera construite à Glovelier, là où sont stockées des traverses de chemins fer, après la reprise en 1978 l’entreprise Röthlisberger, dernier producteur helvétique.

Sciure, copeaux, écorces: «On chauffe le bois à très haute température pour en extraire du gaz appelé syngaz. ce dernier est purifié et on obtient de l’hydrogène», a indiqué le directeur adjoint Benjamin Corbat au «Quotidien Jurassien».

Sa mise en service est prévue pour fin 2022, après un premier investissement de 12 millions de francs. Annuellement, 8500 m³ de bois fourniront 225 tonnes d’hydrogène, de quoi faire rouler 1500 voitures ou 40 camions. Selon le directeur adjoint Gauthier Corbat, cette usine contribuera à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre du parc automobile jurassien

Station-service

La capacité sera doublée lors d’une deuxième étape à huit millions, avec une distribution par trains et par camions, mais aussi par une station-service. L’hydrogène sert de carburant, mais il est aussi utilisé dans l’industrie notamment horlogère pour le traitement des surfaces.

Coop et Migros roulent déjà à l’hydrogène, un combustible produit à partir d’électricité hydraulique, alors que le gros de la production mondiale provient d’hydrocarbures, ce qui ne réduit pas les émissions de CO2. «Le bois régional, c’est le pétrole du XXIe siècle», estime Patrick Corbat.

Et son cousin Gauthier Corbat d’expliquer qu’en Suisse, la forêt est sous exploitée: «Elle ne cesse de croître en hauteur et en surface chaque année». Selon les chiffres de l’Office fédéral de l’environnement, sur les 10,2 millions de m3 de bois supplémentaires disponibles chaque année, 1,4 million ne sont pas utilisés.

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