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TendanceDes zizis de plus en plus riquiqui

Une étude britannique montre que la taille des sexes en érection a perdu 2,45 cm en 10 ans.

par
Sébastien Jost

C'est la déprime, la stupeur, la débandade! Alors que nos bras et nos jambes s'allongent, nos pénis rapetissent. En Grande-Bretagne, les sexes en érection sont passés de 15,4 cm en moyenne, il y a 10 ans, à 12,95 aujourd'hui. C'est le site de vente de préservatifs TheyFit qui est arrivé à cette conclusion en analysant sa base de données et en constatant que les modèles vendus étaient de plus en plus petits. Pas forcément scientifique, l'enquête a tout de même été réalisée sur un échantillon de 20 000 hommes.

Fléau planétaire

Ce n'est pas la première fois que ce phénomène est mis en lumière. L'année dernière, une étude italienne avait dévoilé que les zizis masculins au repos étaient passés de 9,7 cm en 1948 à 8,9 cm en 2012. Malgré les différences de taille entre les pays qui sont indéniables (voir infographie), le fléau du raccourcissement semble donc planétaire. L'épidémie d'obésité, la pollution, le stress et les autres changements environnementaux, qui seraient responsables du phénomène, n'épargnent en effet personne.

«La tendance d'une diminution de la taille du pénis me semble plausible, réagit le Dr Juliette Buffat, sexologue à Genève. Elle se place dans la ligne de la diminution de la fertilité. Elle peut être liée à la prise de poids des individus ainsi qu'aux hormones qui sont données aux animaux et qui se retrouvent dans notre alimentation.» La spécialiste met toutefois en garde: «Toute étude sur l'anatomie sexuelle, en particulier l'érection, est sujette à réflexion. Suivant la manière dont la mesure est effectuée, on est vite à 2 cm de plus ou de moins.»

La taille compte-t-elle ou pas? «En 25 ans de carrière, je n'ai jamais reçu de femme qui se plaignait de la petite taille du pénis de son partenaire, affirme le Dr Buffat. Par contre, un gros pénis qui peut faire mal peut faire peur, alors qu'un petit pénis qui oblige la femme à contracter ses muscles du périnée, augmente sa sensibilité vaginale et son plaisir.» Il y a tout de même un seuil critique. «Oui, la taille du pénis compte, relève le Dr Christian Rollini, médecin psychiatre spécialiste en sexologie et vice-président de la société suisse de sexologie. Un sexe trop petit peut poser des problèmes pour avoir des relations sexuelles. D'un autre côté, ce n'est pas ce qui est le plus important car la sexualité féminine n'est pas centrée que sur la fonction sexuelle. Et avec un pénis un peu petit, on arrive à se débrouiller.»

L'influence du porno

Dans les faits, ce sont surtout les hommes qui sont insatisfaits de leur appendice. «Ce qui se voit beaucoup dans les consultations actuellement, ce sont des jeunes hommes complexés par la taille de leur sexe en érection, relève Juliette Buffat. Ils sont influencés par les films pornographiques dans lesquels les acteurs, sélectionnés sur ce critère, ont des pénis disproportionnés. Auparavant, dans le «syndrome des vestiaires», les hommes se plaignaient de la taille de leur sexe au repos.» Les mâles sont définitivement des créatures sensibles et compliquées.

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