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TennisDésignez le plus grand match de la décennie

Les dix dernières années de tennis furent un véritable festival. Mais quel en fut le plus grand match? Sondage.

par
Sport-Center
Keystone

C’est un petit jeu à la mode. Avec l’arrivée très prochaine de 2020, les internautes ont soudain envie de classer leurs meilleurs souvenirs. Appliquée aux fans de tennis, cette manie pousse à passer en revue l’une des périodes les plus denses, les plus folles même, de l’histoire de la petite balle jaune.

La question de départ est donc toute simple: quel est le plus beau match de la décennie? La réponse, elle, sera bien plus difficile à déterminer. De quoi parle-t-on? Du plus intense, du plus fou, du plus beau en termes de qualité de jeu ou du plus important pour l’histoire? Il faut sans doute un peu de tout ça pour faire «le match de la décennie». On vous propose donc de voter à partir d’une sélection – déjà subjective – de huit matches mémorables. Dans le désordre.

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ISNER - MAHUT, WIMBLEDON 2010: LE MATCH LE PLUS LONG

Peut-être aurait-il dû être placé «hors catégorie», comme l’ont décidé nos collègues d’Eurosport, Laurent Vergne et Rémi Bourrières. Après tout, ce premier tour n’appartient pas vraiment au même monde. Jamais deux joueurs n’avaient joué aussi longtemps – 3 jours, 11h05, 8h11 pour le seul cinquième set. Le tableau d’affichage donne le vertige: 6-4, 3-6, 6-7, 7-6, 70-68. Il y est question d’évanouissement, de nez qui saigne, d’état second. Bref, c'est un monde à la Borges qui s'ouvre sous les yeux des spectateurs du court No 18. Un inclassable morceau de légende.

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WAWRINKA - DJOKOVIC, RG 2015: STAN SUR SON NUAGE

Est-ce une présélection «très suisse» que de choisir cette finale? Un peu, peut-être. Mais au-delà du plaisir de voir Stan Wawrinka jouer un tennis de rêve au meilleur moment, il existe des critères objectifs pour choisir ce match. Il s’agit d’une finale de Grand Chelem et Novak Djokovic y chassait alors le seul titre majeur qui lui manquait. Mais l’argument le plus fort tient dans le niveau de jeu trouvé par «Stanimal». Une forme de déchaînement de puissance relâchée et maîtrisée qui déclassa «Djoko» comme personne d’autre ne fut capable de le faire durant la décennie. Inoubliable.

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DJOKOVIC - NADAL, AO 2012: JUSQU’À L’ÉPUISEMENT

C’est le chef-d’œuvre absolu de l’ère des «défenseurs-contreurs». Cinq heures et cinquante-trois minutes d’un combat d’une intensité folle. Deux images resteront à jamais liées à cette finale. D’abord ce passing de revers penalty, manqué par Nadal à 4-2, 30-15 au cinquième set. Le tournant. Puis la détresse des deux hommes lors de la remise des prix, au bord des crampes et du malaise, finalement sauvés par deux chaises pliantes. Le match référence pour tous les préparateurs physiques de la planète.

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DEL POTRO - MURRAY, COUPE DAVIS 2016: «DELPO» RESSUSCITÉ

Lors de cet été 2016, on aurait pu choisir une petite poignée de matches joués par Juan Martin del Potro. L’Argentin venait de faire son retour, après sa quatrième opération au poignet. Et son revers rafistolé – 95% de slice, 5% d’un coup poussé bizarre – donnait à ses apparitions une dramaturgie inégalable. Magistral aux Jeux olympiques de Rio (argent), puis à l’US Open (en larmes contre Wawrinka), «Delpo» avait gardé son chef-d’œuvre pour la demi-finale de Coupe Davis, à Glasgow, contre cet Andy Murray intouchable qui fonçait vers la place de No 1 mondial. Une performance de mammouth au bout de cinq sets d'anthologie (6-4, 5-7, 6-7, 6-3, 6-4).

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FEDERER - NADAL, AO 2017: LE MORCEAU D’HISTOIRE

Il s’agit certainement de la finale la plus forte émotionnellement pour le public suisse. Sans doute la plus importante aussi pour Roger Federer «himself». Cette finale inattendue entre les deux «goat» de retour de blessure à Melbourne avait tout du blockbuster hollywoodien. L’affiche de rêve, des protagonistes qui se réinventent et puis cette trame folle qui voit un «RF» refaire son break de retard dans le cinquième set pour enfin passer l’épaule 6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3. Un moment d’éternité.

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DJOKOVIC - WAWRINKA, AO 2013: LA NAISSANCE DE STANIMAL

Entre Stan Wawrinka et Novak Djokovic, il existe une telle histoire de matches de dingos en Australie que l’on aurait pu en choisir un autre. La victoire du Vaudois sur la route de son premier sacre en Grand Chelem (2014) ou sa défaite homérique l’année suivante en demi-finale. Mais finalement, ces cinq manches sublimes en 8e de finale de l’édition 2013 ont quelque chose en plus: elles ont marqué la naissance de Stanimal. C’est là, devant une Rod Laver Arena ébahie, que le monde a découvert un Stan Wawrinka capable de s’appuyer sur la balle de «Djoko» jusqu’à l’étouffer (2-6, 6-4, 6-2, 3-6, 9-7). Jamais défaite aussi cruelle ne fut aussi bénéfique.

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DJOKOVIC - FEDERER, WIMBLEDON 2019 : LE GRAAL EFFLEURÉ

Pour sa trame et l’importance qu’elle a déjà dans l’histoire du jeu, plus que pour son niveau de jeu, la finale du dernier Wimbledon est un incontournable. Un incontournable qui provoque des cauchemars à toute la Suisse du tennis, certes. Mais un incontournable quand même. Qui n’a pas vu défiler dans sa tête, depuis juillet, le passing de coup droit de Novak Djokovic sur la deuxième balle de break de Roger Federer? Meilleur durant quatre sets, «RF» aurait dû conclure avant cette cinquième manche finalement perdue lors d’un tie-break inédit (6-7, 6-1, 6-7, 6-4, 12-13). Il ne lui avait manqué qu'un petit point pour enchaîner des victoires contre Nadal puis Djokovic et soulever un 9e Wimbledon. Un Graal effleuré puis envolé.

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DJOKOVIC - NADAL, US OPEN 2011: UN TENNIS COSMIQUE

Du ping-pong à ciel ouvert, des coups de défense d’un autre monde, cette finale de l’US Open préfigure le «Cosmic Djoko» de 2015-2016 et installe le Serbe définitivement dans la cour du duo Nadal-Federer (6-2, 6-4, 6-7, 6-1). Elle restera surtout dans les mémoires pour son troisième set ahurissant. Dominé de la tête et des épaules en début de match, Rafael Nadal y mène une révolte effrénée qui fait monter le niveau de jeu à des hauteurs irrespirables. Sans doute faut-il revoir cette finale pour bien comprendre les mécanismes de leur marathon australien, cinq mois plus tard.

Mathieu Aeschmann

Découvrez samedi l'avis de Roger Federer

Puisqu'il est l'un des principaux intéressés, nous avons posé la question à Roger Federer, il y a dix jours à Dubaï. Quel est le "match de la décennie" dans les yeux du "Maître"? Mais aussi, quels sont les critères qui, selon lui, doivent être retenus pour trancher. Découvrez sa réponse en vidéo sur notre site dans la journée de samedi.

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