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Liberté de la presseDessin de presse: deux caricaturistes sont mis à l'honneur

L'Egyptienne Doaa Eladl et le Palestinien de Syrie Hani Abbas décrochent le Prix international du dessin de presse. Celui-ci sera remis le 3 mai à Genève par Kofi Annan.

Le prix international du dessinateur de presse récompense cette année deux caricaturistes qui risquent leur vie dans leur pays. L'Egyptienne Doaa Eladl et le Palestinien de Syrie Hani Abbas ont été choisis mardi par la Fondation Dessins pour la Paix et la Ville de Genève.

Le prix sera remis par le président d'honneur de la Fondation Dessins pour la Paix Kofi Annan samedi à l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse. La remise du prix sera suivie du vernissage d'une exposition de 100 dessins de presse sur «la Guerre dans tous ses états», quai Wilson, à Genève.

Les foudres de la censure

Dessinatrice en Egypte, Doaa est une artiste reconnue dans le monde arabe. Elle a conquis par son talent et son impertinence un bastion traditionnellement masculin en choisissant de s'attaquer aux sujets les plus délicats de la société égyptienne, dont la situation des femmes et le harcèlement sexuel, a expliqué Patrick Chappatte, cofondateur de la Fondation Dessins pour la Paix.

Un dessin représentant Adam et Eve chassés du Paradis, publié en 2012, a valu à Doaa Eladl les foudres de la censure et une plainte pour propos blasphématoires des autorités.

Contraint de fuir en Suisse

Un dessin peut changer un destin. Hani Abbas, dessinateur né en 1977 dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk en Syrie, en a fait l'amère expérience. Après avoir posté un dessin sur Facebook en 2012, immortalisant une fleur symbole de la révolte syrienne, ce jeune professeur a été menacé par les services secrets syriens.

Contraint de fuir la Syrie avec femme et enfant, Hani Abbas s'est réfugié en Suisse. Il continue d'y dénoncer l'horreur d'une tragédie par son talent et un sens de l'humour décapant.

Exposition cent ans après

Le public est invité par ailleurs à une exposition de 100 dessins de presse, le long du Quai Wilson, sur le thème «La guerre dans tous ses états», cent ans après le début de la Première Guerre mondiale.

Un siècle marqué par deux guerres mondiales, quatre génocides, l'utilisation d«armes atomiques contre des populations civiles, des guerres de décolonisation, des guerres civiles et la cyberguerre. «La science en ce domaine dépasse l«imagination humaine. Et surtout celle des dessinateurs de presse qui célèbrent la liberté d«expression avec pour armes de conviction massive : leur audace, leur talent et leurs crayons», a affirmé l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, Prix Nobel de la Paix 2001.

«La Fondation Dessins pour la Paix et la Ville de Genève ont uni leurs efforts pour offrir à des dessinateurs courageux l«un des plus beaux espaces de la capitale mondiale des droits humains, le bord du lac, pour que le public puisse admirer des oeuvres fortes et satiriques qui dénoncent les atteintes aux droits de la personne sous toutes les latitudes», a expliqué le conseiller administratif de la Ville de Genève Guillaume Barazzone.

(ats)

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