11.05.2016 à 10:25

BrésilDestitution de Rousseff: la séance a débuté

La présidente vit peut-être ses dernières heures à la tête du pays d'Amérique du Sud.

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La Cour suprême du Brésil s'est prononcée en faveur de la libération de José Dirceu, ex-chef de cabinet de Lula, condamné pour corruption dans le méga-scandale Petrobras. (Mardi 2 mai 2017)

La Cour suprême du Brésil s'est prononcée en faveur de la libération de José Dirceu, ex-chef de cabinet de Lula, condamné pour corruption dans le méga-scandale Petrobras. (Mardi 2 mai 2017)

Keystone
Réforme des retraites, crise économique, éducation, scandale de la viande avariée: les raisons de protester ne manquent pas au Brésil. Le mouvement Vem Pra Rua a appeler dimanche à manifester contre la corruption, à travers tout le pays. (Image d'illustration - 15 mars 2017)

Réforme des retraites, crise économique, éducation, scandale de la viande avariée: les raisons de protester ne manquent pas au Brésil. Le mouvement Vem Pra Rua a appeler dimanche à manifester contre la corruption, à travers tout le pays. (Image d'illustration - 15 mars 2017)

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A la mi-mars, une enquête policière de deux ans a révélé que des douzaines de collaborateurs des autorités sanitaires ont été corrompus pour certifier que la viande avariée était propre à la consommation. Malgré 30 arrestations et la fermetures de plusieurs usines, le scandale ne fait que s'empiler aux récentes révélation de corruption dans l'affaire Petrobras. (Image - 21 mars 2017)

A la mi-mars, une enquête policière de deux ans a révélé que des douzaines de collaborateurs des autorités sanitaires ont été corrompus pour certifier que la viande avariée était propre à la consommation. Malgré 30 arrestations et la fermetures de plusieurs usines, le scandale ne fait que s'empiler aux récentes révélation de corruption dans l'affaire Petrobras. (Image - 21 mars 2017)

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Le Sénat brésilien a donné le coup d'envoi mercredi d'une séance historique où il décidera s'il écarte du pouvoir la présidente Dilma Rouseff pour la soumettre à un procès en destitution pour maquillages des comptes publics. La séance plénière a commencé avec une heure de retard à 10h (13h GMT) et le vote devrait survenir tard dans la nuit, l'opposition affirmant avoir la majorité simple (41 voix) requise pour suspendre pendant six mois la première femme présidente du Brésil dans l'attente de son jugement final.

Le président du Sénat brésilien, Renan Calheiros, a prévenu que la procédure serait «longue et traumatisante», juste avant l'ouverture de la séance plénière qui devrait sauf surprise l'écarter du pouvoir. «La procédure d'impeachment qui est enracinée dans notre histoire est longue et traumatisante, (et elle) ne produit pas de résultats immédiats», a affirmé Renan Calheiros aux journalistes présents.

Improbable sauvetage

Le second mandat de l'impopulaire dirigeante de gauche, âgée de 68 ans, ne semble plus tenir qu'au fil ténu d'un improbable sauvetage in extremis par le Tribunal suprême fédéral (STF). La présidente a présenté mardi soir un recours de dernière heure devant la haute juridiction, lui demandant d'annuler ce qu'elle dénonce comme un «coup d'Etat» institutionnel «sans armes ni baïonnettes».

Les sénateurs sont convoqués dès 14h (heure suisse) mercredi en séance plénière pour se prononcer sur l'ouverture formelle d'un procès en destitution de Mme Rousseff, première femme élue présidente du plus grand pays d'Amérique latine en 2010. L'issue du vote, qui devrait intervenir dans la soirée ou dans la nuit, ne fait pratiquement aucun doute.

Une cinquantaine de sénateurs sur 81 se sont dits favorables à l'ouverture du procès de cette ex-guérillera emprisonnée sous la dictature. Soit sensiblement plus que la majorité simple requise de 41 votes. Sauf surprise, Mme Rousseff sera automatiquement écartée du pouvoir pendant un délai maximum de 180 jours, en attendant le jugement définitif des sénateurs, qui pourrait tomber en septembre.

Elle devrait être remplacée d'ici vendredi par son ex-allié devenu rival, le vice-président Michel Temer, 75 ans, dirigeant du grand parti centriste PMDB qui a claqué la porte de sa coalition fin mars. En cas de destitution définitive de Dilma Rousseff, Michel Temer assumerait la présidence jusqu'aux prochaines élections générales (présidentielle et législatives) prévues en 2018.

Tours de passe-passe

L'opposition accuse la présidente d'avoir commis un «crime de responsabilité» passible de destitution selon la constitution, en maquillant sciemment les comptes publics pour dissimuler l'ampleur des déficits en 2014, année de sa réélection disputée, et en 2015.

Concrètement, ils lui reprochent d'avoir fait supporter aux banques publiques des dizaines de milliards de dépenses incombant au gouvernement et d'avoir décrété des dépenses non inscrites à la loi de finances sans l'aval préalable du parlement.

Mme Rousseff allègue que tous ses prédécesseurs ont eu recours à ces tours de passe-passe budgétaires sans avoir jamais été inquiétés et dénonce un prétexte pour l'évincer. «Le dernier jour de mon mandat est le 31 décembre 2018», a-t-elle martelé mardi soir. Mme Rousseff a promis de lutter jusqu'au bout de «toutes (ses) forces, par tous les moyens légaux et tous les moyens de combat».

(ats)

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