Actualisé 07.11.2019 à 23:20

Destitution de Trump: une proche de Pence entendue

Etats-Unis

Jeudi, le Congrès américain auditionnait une conseillère de Mike Pence dans le cadre de l'enquête sur une possible destitution du président.

Une conseillère du vice-président américain était entendue jeudi à huis clos au Congrès dans le cadre de l'enquête visant à destituer Donald Trump, premier témoin employé par les services de Mike Pence à accepter la convocation des démocrates.

Egalement convoqué jeudi, l'ex-conseiller à la sécurité nationale du président américain, John Bolton, n'allait, lui, probablement pas se rendre au Congrès tant qu'il ne ferait pas l'objet d'une assignation formelle.

«Abus de pouvoir» ou non

La conseillère de Mike Pence, Jennifer Williams, est employée du département d'Etat. Elle est détachée depuis avril 2019 auprès du vice-président pour les questions concernant l'Europe et l'Ukraine. A ce titre, elle a écouté en direct la conversation au coeur de la procédure de destitution qui menace Donald Trump: son appel téléphonique, le 25 juillet, avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. A cette occasion, Donald Trump avait demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter.

Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d'un «abus de pouvoir», les démocrates ont ouvert le 24 septembre une enquête pour constituer un dossier de mise en accusation, «impeachment» en anglais, à la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

Les républicains détiennent en revanche la majorité au Sénat, ce qui rend improbable une condamnation de Donald Trump au terme d'un éventuel procès politique. Aucun calendrier n'a été fixé.

Refus de coopérer

Dénonçant une «mascarade», la Maison Blanche refuse de coopérer à l'enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière. «Jennifer est depuis longtemps une employée dévouée du département d'Etat», a déclaré son avocat Justin Shur aux médias. «Nous nous attendons à ce que son témoignage reflète largement ce qui a déjà été exprimé publiquement».

Cet entretien devrait être parmi l'un des derniers menés à huis clos, avant l'entrée dans une nouvelle phase beaucoup plus spectaculaire avec les premières auditions publiques à partir du 13 novembre.

Donald Trump a en parallèle démenti jeudi matin des informations du «Washington Post» selon lesquelles son ministre de la Justice Bill Barr aurait refusé d'organiser une conférence de presse pour déclarer qu'il n'avait rien fait d'illégal lors de son appel. «Le ministère de la Justice a déjà établi que l'appel était correct», a tweeté le milliardaire, qui affirme que sa conversation, dont la Maison Blanche a publié un compte-rendu, était «irréprochable».

Un diplomate, inquiet des pressions sur Kiev, avait alerté dès août

Inquiet des pressions exercées pour que Kiev enquête sur un rival de Donald Trump, un diplomate américain avait alerté sa hiérarchie dès la mi-août, bien avant que n'explose au grand jour l'affaire ukrainienne. Cette révélation figure dans la copie, rendue publique jeudi, du témoignage au Congrès de George Kent, un responsable du département d'Etat en charge de l'Ukraine, réalisé à huis clos le 15 octobre.

(AFP)

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