Bosnie  - Destruction d’une église illégale près de Srebrenica
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Bosnie Destruction d’une église illégale près de Srebrenica

Fata Orlovic a fui son village pendant la guerre mais, à son retour, une église avait été construite sur son terrain.

Le génocide a fait environ 8000 morts. 

Le génocide a fait environ 8000 morts.

AFP

Des travaux de destruction d’une église orthodoxe serbe ont commencé samedi sur la propriété d’une famille musulmane près de Srebrenica, en Bosnie orientale, où cet édifice a été illégalement construit peu après la guerre des années 1990, a-t-on appris auprès de l’avocat de la famille. Après des années de combats juridiques dans le pays, la propriétaire du terrain à Konjevic Polje, Fata Orlovic, 78 ans, dont le mari a été tué dans le massacre de Srebrenica en 1995, avait saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) qui a sommé en octobre 2019 les autorités locales à ôter l’église et à restituer le terrain à la famille.

«Le jugement de la CEDH est enfin exécuté. Les travaux ont commencé tôt ce matin. L’église est déjà quasiment détruite et je pense que tout sera fait d’ici demain», a déclaré à l’AFP l’avocat de la famille, Rusmir Karkin. «Même si cette opération a été repoussée pendant plus d’un an, à cause de l’épidémie du Covid, nous n’avons jamais perdu l’espoir que ce serait fait». L’église a été détruite par une pelleteuse, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux et une télévision locale.

L’église de la discorde

Elle avait été construite en 1998, après la guerre intecommunautaire (1992-1995) qui a fait près de 100’000 morts, à l’époque où Fata Orlovic était toujours réfugiée. À son retour, en 2000, elle a entamé sa bataille juridique.

L’église a toujours constitué un abcès de fixation entre les communautés serbe (orthodoxe) et bosniaque (musulmane). Une centaine de personnes des deux communautés se sont violemment affrontées en 2004. Sa destruction intervient à trois jours de l’énoncé du verdict en appel par la justice internationale contre l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, condamné en première instance à la perpétuité, notamment pour son rôle dans le massacre de Srebrenica et dans le siège de Sarajevo.

Quelques 8000 hommes et adolescents bosniaques ont été tués dans le massacre de Srebrenica en juillet 1995, un crime qualifié de génocide par la justice internationale.

(AFP)

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