Tribunal fédéral: Détention prolongée pour un chauffard suicidaire

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Tribunal fédéralDétention prolongée pour un chauffard suicidaire

Un trentenaire français, impliqué dans une collision mortelle à Münster (VS) en août 2015, restera derrière les barreaux, comme l'a confirmé le TF.

Le choc frontal s'était produit le soir du 9 août 2015.

Le choc frontal s'était produit le soir du 9 août 2015.

Police cantonale valaisanne

Le Tribunal fédéral a confirmé la prolongation de la détention provisoire d'un chauffard suicidaire, suspecté d'homicide. L'homme avait roulé à vive allure sur un tronçon rectiligne avant de modifier sa trajectoire et d'entrer en collision avec un véhicule roulant en sens inverse. Le drame est survenu à Münster (VS) en août 2015. Le chauffard a survécu à l'accident alors que le conducteur de l'autre véhicule est décédé.

Dès les premières auditions, le trentenaire, de nationalité française, a reconnu avoir agi avec des intentions suicidaires. Il conduisait sous l'influence de stupéfiants. Depuis l'âge de quinze ans, le prévenu consomme régulièrement du cannabis, jusqu'à une vingtaine de joints par jour, des amphétamines et de la cocaïne. Il avait déjà effectué des séjours en clinique avant l'accident.

Risque de fuite

Sorti d'hôpital, l'intéressé avait été placé en détention provisoire. Il avait recouru contre la prolongation de cette mesure, mais avait été débouté par le Tribunal cantonal du Valais. Dans son arrêt, qui justifie la prolongation de la détention provisoire, le TF n'écarte pas le risque de fuite et constate que le trentenaire est fortement suspecté d'homicide, ce qui est de nature à justifier une détention préventive.

Véhicules complètement démolis

La situation d'extrême danger causée par le chauffard est attestée par les photos du dossier, qui montrent l'état des véhicules après le choc et les rapports des experts techniques. Par ailleurs, le fait que la victime n'avait pas attaché sa ceinture de sécurité ne permet pas de remettre en question le lien de causalité entre le comportement suicidaire du chauffard et le décès de la victime.

«Celui qui provoque une collision frontale en roulant à une vitesse relativement élevée doit savoir que des occupants des voitures impliquées risquent de perdre la vie, qu'ils aient ou non attaché la ceinture de sécurité», relève l'arrêt du TF. (arrêt 1B_322/2017 du 24 août 2017)

(ats)

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