Arnaque: Détroussé après la messe

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ArnaqueDétroussé après la messe

Profitant de la gentillesse d'un Genevois de 84 ans, une femme lui dérobe sa carte bancaire, et plus de 20 000 francs. Un cas de vol à l'astuce malheureusement très répandu.

par
Valérie Duby
Arnaqué dans une cabine téléphonique, au sortir de l'église, Georges raconte son histoire pour mieux faire connaître le procédé des malfrats.

Arnaqué dans une cabine téléphonique, au sortir de l'église, Georges raconte son histoire pour mieux faire connaître le procédé des malfrats.

Christian Bonzon

Il vient de se faire détrousser de plus de 20 000 fr., mais n'en conserve pas moins le sens de la formule. Georges, 84 ans, quittait l'église Sainte-Thérèse (GE), dimanche 30 octobre, lorsque le ciel lui est tombé sur la tête. «Je sortais de la messe, j'avais le cœur ouvert», raconte-t-il. L'octogénaire est abordé par une femme bien habillée. «Elle m'a dit que sa voiture était en panne, que son fils se trouvait à l'intérieur et qu'elle devait joindre le TCS», explique-t-il. La femme a repéré une cabine téléphonique rue de l'Athénée. Elle y conduit sa victime et lui dit d'utiliser sa carte bancaire pour téléphoner. «Elle s'est montrée très directive. J'étais énervé car, avec mon portable, je ne connais plus le fonctionnement d'une cabine. De plus, je devais rentrer à mon domicile m'occuper de mon épouse qui est très malade et que je ne peux pas laisser seule longtemps. J'ai saisi mon code une première fois en me trompant. Une deuxième. Encore une troisième, mais la carte n'est pas ressortie. Elle m'a expliqué que l'appareil avait avalé la carte, et elle est partie.»

Georges, qui n'a pas compris que la femme a habilement subtilisé la carte, appelle Swisscom. Personne ne peut l'aider, ni lui expliquer qu'un téléphone public n'avale pas les cartes même quand on se trompe de code! Ce n'est que le lendemain, en consultant son compte bancaire, qu'il se rend compte qu'on a procédé à neuf retraits de 885 fr. 50 à l'agence UBS Florissant, quelques minutes après les faits. Deux jours plus tard, il découvre que c'est une somme totale de 21 270 fr. 30 qui lui a été dérobée, dans des bancomats et des magasins en France: «J'ignorais que les achats ou les retraits frauduleux effectués à l'étranger ne sont enregistrés qu'après deux ou trois jours sur le compte. Le choix d'un dimanche en fin de mois était idéalement choisi. J'ai sur mon compte bancaire une limite mensuelle à 10 000 fr. Chaque 1er du mois, on remet les compteurs à zéro, m'a expliqué mon banquier», détaille cet ancien cadre chez IBM, licencié en mathématique et en physique.

Georges n'a toujours pas récupéré sa carte après plus d'une semaine. Il a déposé une plainte auprès de la police genevoise. A priori, l'octogénaire ne pourra pas récupérer l'argent volé. «L'assurance ménage m'a dit qu'elle allait réfléchir. J'attends, mais je ne me fais guère d'illusion.»

ll faut faire attention!

Des histoires comme ça, il en existe beaucoup. «On connaît les faux plombiers, les faux policiers, qui profitent de la gentillesse et de la naïveté des personnes âgées», constate Jean-Claude Cantiello, porte-parole de la police genevoise. Si le policier a un conseil à délivrer, c'est de redire «qu'il ne faut pas se laisser importuner, et rester attentif à toute personne qui pourrait intervenir lors d'un retrait bancaire».

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