États-Unis: Deux complices présumés de Carlos Ghosn extradés au Japon
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États-UnisDeux complices présumés de Carlos Ghosn extradés au Japon

Les Américains Michael et Peter Taylor, accusés par Tokyo d’avoir aidé Carlos Ghosn, à échapper à la justice en fuyant le pays, le 29 décembre 2019, ont atterri dans la capitale nippone.

Carlos Ghosn au Liban lors d’une conférence de presse, le 29 septembre 2020.

Carlos Ghosn au Liban lors d’une conférence de presse, le 29 septembre 2020.

AFP

Un avion transportant deux Américains accusés d’avoir aidé Carlos Ghosn à fuir fin 2019 le Japon, où l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan devait être jugé pour malversations financières présumées, a atterri mardi, près de Tokyo, ont rapporté des médias locaux.

Michael Taylor, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et son fils Peter Taylor ont été remis à des responsables japonais, a affirmé Paul Kelly, en parlant d’«un triste jour pour la famille et pour tous ceux qui croient que les vétérans méritent d’être mieux traités par leur propre pays».

Le Japon accuse Michael et Peter Taylor, ainsi que le Libanais George-Antoine Zayek, d’avoir aidé Carlos Ghosn à échapper à la justice en fuyant le pays le 29 décembre 2019. Peter Taylor avait été arrêté à Boston alors qu’il essayait de fuir les États-Unis pour le Liban, où l’ancien patron de Renault-Nissan s’est réfugié et où il n’existe pas de traité d’extradition avec le Japon. Lui et son père Michael sont ensuite restés détenus car considérés comme présentant un «grand risque de fuite». La Cour suprême américaine avait levé le 13 février le dernier obstacle à leur extradition.

Fuite «effrontée»

Au matin du 31 décembre 2019, le Japon découvrait avec stupeur la fuite au Liban de son plus célèbre inculpé. Deux jours plus tôt, alors qu’il était en liberté sous caution au Japon où il est accusé de malversations financières chez Nissan, le Franco-libano-brésilien quittait tranquillement Tokyo pour rejoindre Osaka (ouest du pays) en train avec deux complices.

Arrivé à Beyrouth, le 30 décembre, après une correspondance à Istanbul, il est soupçonné d’avoir échappé aux contrôles à l’aéroport d’Osaka en étant caché dans un caisson de matériel audio embarqué à bord d’un jet privé, le contrôle des bagages n’étant à l’époque pas obligatoire pour ce type d’appareil.

Un document des procureurs américains évoque «une des fuites les plus effrontées et les mieux orchestrées de l’histoire récente». Carlos Ghosn, qui fait l’objet d’une demande d’arrestation d’Interpol, reste hors d’atteinte des juges japonais, car le Liban n’extrade pas ses ressortissants. La justice libanaise lui a toutefois interdit de quitter le pays.

Une affaire aux nombreuses ramifications

«Je n’ai pas fui la justice, j’ai échappé à l’injustice» avait-il martelé début janvier 2020, lors d’une conférence-spectacle à Beyrouth devant les caméras du monde entier. Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet au Japon, l’homme d’affaires autrefois adulé par les Japonais pour le redressement du constructeur nippon Nissan, avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d’incarcération.

«L’affaire Ghosn» a de nombreuses ramifications au Japon et à l’étranger. Outre le procès principal sur l’archipel nippon, Carlos Ghosn est aussi concerné par plusieurs enquêtes judiciaires en France, portant notamment sur des soupçons d’abus de biens sociaux chez Renault et la filiale néerlandaise de Renault-Nissan, RNBV.

Aussi, un procès pénal s’est ouvert mi-septembre, à Tokyo, pour juger l’ancien responsable juridique de Nissan, l’Américain Greg Kelly, arrêté au Japon le même jour que Carlos Ghosn, en novembre 2018, et qui clame comme lui son innocence. Un autre procès a démarré en juillet, à Istanbul, pour juger sept membres de la société turque propriétaire du jet privé loué pour l’exfiltration de l’homme d’affaires.

(AFP)

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