Football: «Deux défaites de plus et je présentais ma démission»

Publié

Football«Deux défaites de plus et je présentais ma démission»

Michel Decastel, qui a enfin bien dormi après la victoire de NE Xamax face à Lugano (2-1) mercredi soir, avoue qu'il n'était plus très loin de jeter l'éponge…

par
Simon Meier
Michel Decastel vient de traverser une période difficile, au point de songer à lâcher son poste.

Michel Decastel vient de traverser une période difficile, au point de songer à lâcher son poste.

Keystone

- Michel Decastel, qu'est-ce que ça fait de pouvoir enfin dormir sur ses deux oreilles?

Après les matches, j'ai de toute façon beaucoup de peine à trouver le sommeil. Mais là, après cette victoire qui fait tant de bien, c'est vrai que j'ai mieux dormi. J'étais plus paisible que ces derniers temps, où je n'arrêtais pas d'avoir des flashes pendant la nuit – je jonglais avec les compositions d'équipe, j'avais toutes ces erreurs individuelles qui remontaient.

- Même vous, qui en avez vu d'autres, avez dû traverser des moments compliqués ces derniers temps, non?

Oui. Cela ne m'était jamais arrivé de toute ma carrière de perdre cinq matches de suite – il faut dire qu'en Afrique c'est impossible, puisque tu es loin au bout de deux défaites (rires). C'était d'autant plus dur que, l'an passé, on n'avait connu que trois défaites de toute la saison. Alors forcément, on se pose des questions.

- Quelles questions?

Est-ce qu'on fait les bons choix? Est-ce qu'on travaille juste? Est-ce qu'on s'est planté sur les transferts? Comment peut-on gommer toutes ces erreurs sur les buts cons qu'on prend? Si tu ajoutes à ça toutes les blessures qu'on a eues, il y a quand même un moment où tu te dis: «Mais c'est pas possible!»

- Et jeter l'éponge, y avez-vous pensé?

Oui, il faut être franc, j'y ai pensé. Il a fallu trois ans de travail pour remonter ce club en Super League, je n'ai aucune envie de redescendre direct. Donc à un moment, tu te dis qu'il faut un autre leader, un autre discours, que les méthodes ne sont peut-être plus les bonnes. Alors oui, avec deux défaites de plus, mercredi soir contre Lugano puis dimanche à Zurich, j'aurais présenté ma démission au président.

- Mais Christian Binggeli ne cesse de jurer qu'il ne vous virera jamais…

Même s'il ne voulait pas, j'aurais su trouver les mots pour le convaincre. Je suis d'accord pour dire qu'un capitaine ne quitte pas le navire. Mais au bout d'un moment, si rien ne marche, il faut changer de discours.

- Mais cette victoire contre Lugano est intervenue au bon moment. Coup de bol ou vrai déclic?

Cela montre que si on travaille, la roue finit par tourner, c'est tout. Nous avons beaucoup discuté entre nous ces derniers temps, notamment avec les leaders du groupe, pour mieux intégrer les nouveaux, essayer de raisonner de façon plus positive que négative. On a très bien bossé, je sentais un excellent état d'esprit, une grosse concentration avant ce match – on entendait les mouches voler. En fait, c'était un peu l'état d'urgence.

- Vous avez notamment pu compter sur un excellent Raphaël Nuzzolo. Le mettre sur le banc des remplaçants lors du match précédent à GC était-il une façon de le piquer au vif, de secouer le cocotier?

Ben ouais. C'était une manière de secouer tout le monde, de montrer à chacun qu'il n'y avait aucune garantie, pour personne. On a besoin de Raphaël pour tirer cette équipe. Mais cela lui a fait du bien de faire un saut sur le banc, ça l'a révolté et on a vu le résultat (ndlr: un but inutile après son entrée en jeu à Zurich, puis un autre, bien plus précieux, mercredi soir).

- Quel est désormais le mot d'ordre avant de retourner dimanche à Zurich, pour y affronter cette fois le FC Zurich?

La première chose, c'est que nous sommes contents de ne plus être derniers. En tout cas, on a recollé au peloton et il faut essayer de confirmer face à Zurich. Je peux vous dire que jeudi matin à l'entraînement, on sentait bien que la bonne humeur et la confiance étaient revenues.

Ton opinion