Drastique: Deux mois de prison pour vingt minutes devant leur maison

Publié

DrastiqueDeux mois de prison pour vingt minutes devant leur maison

Un expatrié suisse en Thaïlande a été arrêté et condamné pour avoir enfreint la règle du couvre-feu assis devant chez lui avec sa femme. Il a pu faire recours, mais le cas démontre la grande sévérité dans un pays pourtant peu touché par la Covid-19.

par
Eric Felley
Florian Urfer et sa femme thaïlandaise Tipbenya sont sous la menace d’une peine de deux mois de prison pour être restés sur leur pas-de-porte après le couvre-feu. Ils espèrent que la justice thaïlandaise tienne compte du caractère particulièrement bénin de leur infraction, lorsqu’elle se prononcera sur leur recours.

Florian Urfer et sa femme thaïlandaise Tipbenya sont sous la menace d’une peine de deux mois de prison pour être restés sur leur pas-de-porte après le couvre-feu. Ils espèrent que la justice thaïlandaise tienne compte du caractère particulièrement bénin de leur infraction, lorsqu’elle se prononcera sur leur recours.


«Nous faisons partie de ceux qui étaient à la maison, arrêtés et emprisonnés sans aucun avertissement avec nos passeports confisqués pendant des mois en pleine période de pandémie mondiale. Il faudra un jour m’expliquer où l’on veut en venir par ici… Et là, croyez-moi, la question elle est pas vite répondue…» Avec un humour certain, Florian Urfer, un Valaisan installé en Thaïlande depuis une dizaine d’années, résume la situation dans laquelle il se trouve pour avoir dépassé de vingt minutes le couvre-feu devant chez lui.

Une caution de 2600 francs

Le 3 avril, les autorités thaïlandaises ont décrété un couvre-feu national de 22 h à 4 h du matin pour lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus. Quelques jours plus tard, installés sur l’île de Koh Chang, Florian Urfer et son épouse thaïlandaise étaient assis sur le pas-de-porte devant leur maison, en train de manger un bol de soupe, lorsqu’une patrouille de police est passée par là. Il était 22 h 20 et ces vingt petites minutes vont changer le cours de leur vie. Ils ont été interpellés sans autre forme de procès et emmenés directement en prison pour la nuit. Le lendemain ils ont pu ressortir grâce à une caution de plus de 2600 francs suisses. Leurs passeports ont été confisqués et ils ont été condamnés à 2 mois de prison ferme.

Le couple a pu faire recours contre cette décision, ce qui suspend l’exécution de la peine pour un temps indéterminé. Depuis, privés de papiers d’identité, ils ne peuvent évidemment pas quitter le territoire ou revenir en Suisse. Florian Urfer est pourtant bien intégré sur l’île de Koh Chang. Au fil des années, cet ancien joueur de volley-ball a créé un campus sportif pour les enfants de la région. Sa femme tient une boutique. Après leur mésaventure, pour montrer leur bonne volonté, ils se sont lancés dans la fabrication de masques qu’ils ont offerts, notamment aux gardiens du parc national de Koh Chang.


Le site Swissinfo dans sa rubrique sur la Cinquième Suisse, s’est intéressé au cas des Urfer. Florian Urfer a demandé de l’aide au consulat suisse, qui lui a répondu ne pas pouvoir interférer dans des procédures de justice d’un État tiers. Sur son site, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), met en garde les voyageurs en Thaïlande: «Vous devez vous conformer strictement aux instructions des autorités. Toute violation est sévèrement punissable. Nous vous recommandons de toujours suivre les instructions. Informez-vous sur les instructions du gouvernement et des médias locaux concernant les mesures qui changent régulièrement».

40 000 personnes arrêtées

La Thaïlande n’est pas particulièrement touchée par l’épidémie de coronavirus, mais les autorités font appliquer les mesures avec une discipline de fer. Depuis le début du couvre-feu, quelque 40 000 personnes ont été arrêtées. Beaucoup de ressortissants helvétiques ont pu rentrer au mois d’avril grâce à des vols spéciaux. Selon Swissinfo, le DFAE est cependant au courant d’un «certain nombre de cas», où des citoyen(ne)s suisses vivent une situation similaire à celle du couple Urfer. Celui-ci espère aujourd’hui que l’autorité de recours fera preuve de clémence, reconnaissant le peu de gravité de leur infraction.

Ton opinion

48 commentaires