États-Unis - Deux prisons sans contrat après des accusations d’abus sur des migrants
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États-UnisDeux prisons sans contrat après des accusations d’abus sur des migrants

Stérilisations forcées, violences, privation de nourriture: aux États-Unis, les griefs envers deux centres de rétention de migrants illégaux sont tels que leurs contrats ont été cassés.

Selon le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, cette décision est un «premier pas important» dans l’objectif de réaliser «des améliorations durables dans notre système de rétention des immigrants» (photo d’illustration: une famille est ici arrêtée à la frontière entre le Mexique et les États-Unis).

Selon le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, cette décision est un «premier pas important» dans l’objectif de réaliser «des améliorations durables dans notre système de rétention des immigrants» (photo d’illustration: une famille est ici arrêtée à la frontière entre le Mexique et les États-Unis).

AFP

Les services d’immigration américains ont annoncé, jeudi, la rupture de leur contrat avec deux prisons pour la rétention de migrants illégaux après des accusations d’abus sur les détenus, notamment des opérations gynécologiques subies par des femmes.

«Nous ne tolérerons pas les mauvais traitements contre des individus en détention ou les mauvaises conditions de détention», a expliqué le ministre de la Sécurité intérieure (DHS), Alejandro Mayorkas, dans une lettre au chef de la police migratoire (ICE), Tae Johnson. Cette décision est un «premier pas important» dans l’objectif de réaliser «des améliorations durables dans notre système de rétention des immigrants», a-t-il ajouté.

Stérilisées sans consentement

Dans l’un des établissements concernés, la prison du comté d’Irwin, en Georgie, un centre de détention privé, un médecin avait été accusé, en septembre 2020, d’avoir effectué des stérilisations et d’autres actes chirurgicaux sur des détenues. Une infirmière de l’établissement avait lancé l’alerte en contactant des ONG locales.

Selon l’organisation Project South, basée à Atlanta, au moins 17 femmes, dont plusieurs immigrées mexicaines, avaient été stérilisées – dans certains cas par hystérectomie totale – sans leur consentement ou sans obtenir les informations nécessaires. Le DHS et la police fédérale ont ouvert une enquête, de même que le gouvernement mexicain, après avoir identifié au moins deux de ses ressortissantes victimes de ces pratiques.

«Conditions cauchemardesques»

L’autre centre de rétention, à North Dartmouth, dans le comté de Bristol (Massachusetts, nord-est), était dans le viseur des autorités après une intervention jugée violente de la police locale contre des détenus qui refusaient de se faire tester pour le coronavirus, en mai 2020. La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a salué l’annonce du DHS, qui «montre la volonté de l’Administration Biden de rompre définitivement avec les violations des droits des immigrants perpétrées par les gouvernements précédents».

La prison d’Irwin «est connue pour ses conditions de détention déshumanisantes et cauchemardesques, dont des négligences médicales généralisées et des informations horribles sur des stérilisations forcées», a expliqué l’avocate de l’ACLU, Naureen Shah. Elle a également fustigé le «programme anti-immigrants» du shérif du comté de Bristol qui a, selon elle, «attaqué des migrants détenus et leur a refusé de la nourriture et des soins adéquats».

(AFP)

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