27.03.2019 à 14:27

EgypteDeux stars de cinéma accusées de «haute trahison»

Amr Waked et Khaled Abol Naga sont connus pour leurs critiques du pouvoir égyptien. Ils vivent hors d'Egypte mais ne peuvent plus travailler dans le pays des Pharaons.

Quiconque critique Abdel Fattah al-Sissi en Egypte le fait à ses risques et périls.

Quiconque critique Abdel Fattah al-Sissi en Egypte le fait à ses risques et périls.

Keystone

Deux célèbres acteurs égyptiens, vivant hors du pays, ont été interdits d'exercer leur art en Egypte pour «haute trahison», a annoncé mercredi le Syndicat égyptien des acteurs. Ils ont publiquement critiqué le régime du président Abdel Fattah al-Sissi.

Les acteurs Amr Waked et Khaled Abol Naga sont connus pour leurs critiques du pouvoir égyptien. Ils ont rencontré lundi des membres du Congrès américain pour discuter de la situation des droits humains en Egypte.

MM. Waked et Abol Naga sont accusés de «haute trahison contre la nation et le peuple égyptien» et de vouloir nuire à «la sécurité et la stabilité de l'Egypte», a indiqué dans un communiqué le Syndicat des acteurs, favorable au pouvoir.

Interdit de les embaucher

«Les deux acteurs ne seront plus autorisés à jouer en Egypte», a déclaré le président du syndicat, Achraf Zaki. «La décision interdit à quiconque de les embaucher», a-t-il ajouté. Les deux acteurs ont critiqué sur Twitter cette décision qualifiée de «politique» par M. Waked et de «hâtive» par M. Abol Naga.

Suivis par des millions d'abonnés, ces vedettes du cinéma ont joué dans plusieurs films et séries télévisées en Egypte et à l'étranger. M. Waked avait récemment déclaré avoir été empêché de renouveler son passeport auprès des autorités consulaires égyptiennes, après avoir dénoncé la réforme constitutionnelle en cours.

Actuellement débattue par un parlement largement acquis au gouvernement, cette réforme prévoit notamment d'accroître le pouvoir de l'armée et de l'exécutif. Elle permettrait également au président Sissi de rester en poste encore 12 ans après 2022, date de fin de son deuxième et dernier mandat selon la Constitution actuelle.

Depuis l'arrivée au pouvoir de M. Sissi, nombreux opposants, journalistes et artistes ont été emprisonnés. Les ONG locales et internationales accusent régulièrement l'Egypte de réprimer les voix dissidentes et de violer les droits humains. Le gouvernement dément et met l'accent sur le maintien de la stabilité dans le pays.

(ats)

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