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ParisDeux «tontons» jugés pour les viols de trois garçons

Le procès de deux hommes de 47 et 52 ans s'ouvre dès mercredi aux assises de Paris. Ils ont abusé de trois garçons âgés à l'époque de 8 à 11 ans.

Image d'illustration

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AFP

Leur voisinage les considéraient comme de gentils «tontons». Or ces deux hommes de 47 et 52 ans sont jugés aux assises de Paris à partir de mercredi pour des viols commis sur trois garçons âgés à l'époque de 8 à 11 ans.

Ils risquent jusqu'à vingt années de réclusion criminelle à l'issue de ce procès prévu pour durer jusqu'à vendredi, et qui pourrait se tenir à huis clos.

Circonstances aggravantes

Les deux accusés sont jugés pour des viols sur mineurs avec des circonstances aggravantes, puisque commis «en réunion» et par des personnes «faisant autorité».

Les faits se sont déroulés pour la plupart dans l'appartement que ces deux hommes, nés au Maroc et en situation irrégulière en France, partageaient dans une «cité» parisienne construite à la fin du XIXe siècle, un petit ensemble d'immeubles rangés autour d'une voie privée en plein coeur de la capitale (Xe arrondissement).

Selon les enquêteurs, les deux hommes «savaient se rendre utiles en assurant la garde des enfants à des moments où les parents n'étaient pas disponibles ou défaillants», et étaient très appréciés par leur voisinage, qui voyait en eux des «tontons de confiance, gentils et disponibles.»

Des gestes présentés comme un «jeu»

En juin 2014, un garçon de 8 ans se présente avec sa mère à la police pour dénoncer des viols commis par un voisin.

L'enfant raconte aux policiers que ces gestes lui étaient présentés comme un «jeu» secret, et qu'il recevait des cadeaux ainsi que des bonbons.

Après ces révélations, deux autres garçons âgés de 10 et 11 ans sont eux aussi entendus, et rapportent des faits similaires, en désignant l'accusé de 47 ans comme l'auteur principal.

Les enquêteurs ont par ailleurs saisi trois vidéos mettant en scène des viols et attouchements sur l'un des enfants.

Des symptômes de stress post-traumatique

L'accusé de 47 ans a rapidement reconnu l'ensemble des faits, et avoué qu'il en avait pris l'initiative. Il est jugé pour avoir violé chacun des trois garçons.

L'autre homme, âgé de 52 ans, est jugé pour viol et agression sexuelle de l'un des garçons. Il ne reconnaît que des attouchements.

Les psychologues ont souligné que les enfants risquaient de développer des symptômes de stress post-traumatique retardés, lorsqu'ils débuteraient leur vie sexuelle.

Les enquêtes de personnalité menées sur les deux accusés ont mis en évidence une situation socialement précaire - les deux hommes sont sans papiers, sans travail fixe, sans diplôme, l'un souffre de diabète insulino-dépendant - et un climat de «frustration et de misère sexuelle relative», selon les termes d'une expertise psychiatrique.

Le principal accusé a raconté aux policiers qu'il avait lui-même été abusé sexuellement dans son enfance.

(AFP)

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