Coronavirus: Deuxième nuit d’émeutes aux Pays-Bas, Biden entrevoit l’immunité collective
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CoronavirusDeuxième nuit d’émeutes aux Pays-Bas, Biden entrevoit l’immunité collective

Plusieurs villes des Pays-Bas ont été le théâtre d’émeutes lundi soir, pour la deuxième nuit consécutive, après l’imposition ce week-end d’un couvre-feu afin de lutter contre la pandémie.

Les Pays-Bas ont connu dans la nuit de lundi à mardi une deuxième flambée de violence orchestrée par des opposants au couvre-feu, censé endiguer une épidémie de coronavirus pour laquelle Joe Biden envisage les États-Unis proches d’une immunité collective d’ici l’été.

Les principales villes Amsterdam, Rotterdam et La Haye, mais aussi d’autres localités (Amersfoort, Geleen, Den Bosch, Haarlem…): le couvre-feu imposé aux Pays-Bas ce week-end pour la première fois dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale a donné lieu à des émeutes, entre affrontements de contestataires avec les forces de l’ordre et actes de vandalisme contre des commerces. À 22 h 00 GMT lundi (23 h 00 en Suisse), plus de 70 personnes avaient été arrêtées, selon la télévision publique néerlandaise NOS.

Arrestation à Rotterdam, le 25 janvier 2021.

Arrestation à Rotterdam, le 25 janvier 2021.

AFP

Lundi soir, les maires de plusieurs villes du pays ont annoncé qu’ils allaient instaurer des mesures d’urgence pour tenter d’empêcher de nouveaux troubles. Celui de Rotterdam, par exemple, Ahmed Aboutaleb, a pris un décret autorisant la police à multiplier les arrestations.

Déjà la nuit précédente, la police avait arrêté 250 personnes lors d’émeutes similaires dans plusieurs villes. Le Premier ministre Mark Rutte avait condamné «la violence criminelle», estimant qu’il s’agissait «des pires émeutes en quarante ans». «Cela n’a rien à voir avec la lutte pour la liberté. Nous ne prenons pas toutes ces mesures pour rire. Nous le faisons car nous combattons le virus et que c’est pour l’instant le virus qui nous prend notre liberté», a ajouté le chef de gouvernement.

À Tripoli aussi

Une grogne similaire contre les restrictions est également apparue lundi à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, où les forces de sécurité ont dû contenir des jeunes protestataires qui visaient le siège des autorités locales. La Croix-Rouge libanaise a fait état de plus de 30 blessés. Le pays a prolongé un confinement strict jusqu’au 8 février.

La veille, dans un quartier de Tel-Aviv en Israël, des heurts avaient opposé la police à des juifs ultraorthodoxes protestant contre le confinement. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué la «manière forte» employée par la police, qui a arrêté treize personnes.

La patience des populations est éprouvée par une pandémie qui, depuis un an, les prive de libertés. En France par exemple, déjà sous couvre-feu nocturne, le gouvernement doit décider cette semaine d’un éventuel confinement, qui serait le troisième.

Les restrictions se maintiennent ou se durcissent alors que la vaccination s’est enclenchée il y a un mois: plus de 63,5 millions de doses de vaccins ont été administrées dans au moins 68 pays ou territoires, selon un comptage de l’AFP.

Le Covid-19 a tué au moins 2,1 millions de personnes et en a contaminé plus de 99,1 dans le monde, selon un bilan établi lundi par l’AFP. Le Mexique a dépassé les 150’000 morts. Les États-Unis demeurent le pays le plus endeuillé (plus de 420’000 décès).

Vaccins vs variants

Le président Joe Biden a donné un horizon lundi soir: «Je suis confiant dans le fait que d’ici l’été nous nous serons nettement rapprochés de l’immunité collective». Interrogé sur la date à laquelle tous les Américains souhaitant bénéficier du vaccin le pourront, leur nouveau président a répondu: «le printemps».

Une lueur d’espoir prodiguée le jour où la Californie a assoupli certaines restrictions, à la faveur d’une légère amélioration de la situation dans les hôpitaux. L’État le plus peuplé du pays avait instauré début décembre des mesures interdisant rassemblements et activités non essentiels. Reste que l’apparition et la propagation de variants du coronavirus, réputés plus contagieux et peut-être létaux, a aiguisé encore davantage l’enjeu de la vaccination.

À ce titre, la société de biotechnologie américaine Moderna, qui a créé l’un des premiers vaccins disponibles, a annoncé lundi que sa formule restait efficace contre les variants, notamment le britannique. Mais elle a également observé une moindre protection contre le variant sud-africain. «Malgré cette réduction», les niveaux d’anticorps «restent au-dessus de ce qui est attendu comme nécessaire pour procurer une protection», a-t-elle rassuré. Moderna va cependant lancer, «par précaution», des essais visant à tester une dose additionnelle développée spécifiquement contre ce variant.

BioNTech et Pfizer, les fabricants du principal vaccin administré dans le monde, ont assuré que ce dernier était efficace contre la mutation N501Y, observée notamment sur le variant britannique, et suspectée de le rendre plus contagieux. Mais leurs vérifications en laboratoire n’ont pas porté sur la mutation (E484K) observée spécifiquement sur le variant sud-africain.

Traitements

Les campagnes de vaccination se heurtent par ailleurs à des retards de livraison, qui font enrager en Europe. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé lundi le PDG du laboratoire britannique AstraZeneca pour exiger qu’il honore ses livraisons.

La Pologne a commencé à vacciner lundi les plus de 70 ans, tout en regrettant le retard de livraison de vaccins Moderna. Comme l’Italie, elle avait menacé la semaine dernière d’une action en justice si Pfizer, également en retard, ne tenait pas ses engagements.

Problème de riche? Le fossé vaccinal entre riches et pauvres se creuse, s’est inquiétée l’OMS, qui a besoin de 26 milliards de dollars pour son dispositif accélérant l’accès aux outils de lutte contre le Covid-19.

Parallèlement à la vaccination, l’espoir est aussi à chercher du côté des traitements. En ce sens, la Grèce a donné son feu vert lundi pour la prescription de la colchicine, après une étude canadienne sur les résultats positifs de cet anti-inflammatoire.

Et au zoo de San Diego (Californie), un gorille âgé contaminé par un variant du coronavirus a été soigné grâce à un traitement expérimental, à base d’anticorps de synthèse.

(AFP)

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