Fonctionnaires sous la loupe: Dévoiler la sphère intime au nom de la sécurité de l’information

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Fonctionnaires sous la loupeDévoiler la sphère intime au nom de la sécurité de l’information

Le Conseil fédéral veut examiner la vie sexuelle des fonctionnaires et des soldats travaillant avec des données sensibles. Le but: filtrer les personnes susceptibles d’être victimes de chantage.

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20min/Simon Glauser

Dans quels cas les collaborateurs et collaboratrices de l’Administration fédérale représentent-ils un danger? La Confédération s’efforce en effet de garantir que seul le personnel loyal et intègre ait accès à des données sensibles.

Chaque année, environ 70’000 fonctionnaires doivent ainsi passer un test de personnalité effectué par un service spécialisé du Département fédéral de la défense (DDPS). Les compétences de la cinquantaine de collaborateurs et collaboratrices de ce service spécialisé doivent désormais être élargies, révèle le «Tages-Anzeiger».

Nouvelle ordonnance

Sur la base d’une nouvelle ordonnance du Conseil fédéral, qui est en consultation jusqu’à ce vendredi, les contrôleurs et contrôleuses du DDPS devront dorénavant aussi faire la lumière sur la sexualité des employés de la Confédération et des militaires. La sphère intime doit notamment être sondée lorsque les personnes doivent travailler avec des données et des papiers classifiés.

Jusqu’à présent, les contrôleurs et contrôleuses pouvaient uniquement collecter les inscriptions au casier judiciaire, clarifier leur situation financière et demander des renseignements sur leur situation familiale.

L’association Pink Cross scandalisée

Les représentants des minorités sexuelles se disent horrifiés. «Une photo prise dans un club gay et publiée sur Instagram est-elle déjà suffisante (ndlr: pour avoir une évaluation négative)? L’orientation sexuelle précisée sur l’application de rencontres Tinder est-elle aussi contrôlée?» s’interroge Roman Hegglin, directeur de Pink Cross, la faîtière des hommes gays et bisexuels en Suisse. Pour lui, tout cela absurde. La situation lui rappellerait l’époque du fichage des gays dans les années 70.

«L’orientation sexuelle en soi ne représente pas un risque accru pour la sécurité», assure pour sa part la porte-parole du DDPS, Carolina Boren. Elle estime néanmoins qu’une personne cachant par exemple son orientation sexuelle à son entourage pourrait plus facilement être victime de chantage.

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