Hockey sur glace - Devos: «Je ne crois pas à ces histoires de commotions»
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Hockey sur glaceDevos: «Je ne crois pas à ces histoires de commotions»

Lourdement chargé à la tête par Marc Kämpf à la 12e minute de l’acte III de la demi-finale de play-off, jeudi, le topscorer ajoulot a pu terminer la rencontre. Il a même inscrit le troisième but d’un succès 4-0 qui permet à Ajoie de mener 2-1 dans la série qui l’oppose à Langenthal.

par
Julien Boegli
Philip-Michael Devos n’a pas manqué un seul match depuis son arrivée en Ajoie, à l’automne 2015.

Philip-Michael Devos n’a pas manqué un seul match depuis son arrivée en Ajoie, à l’automne 2015.

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Nombre de matches officiels disputés par le HC Ajoie depuis l’automne 2015 – saison régulière, play-off et Coupe de Suisse compris: 347. Nombre de matches joués par Philip-Michael Devos (30 ans) depuis son arrivée à Porrentruy en 2015: 347.

Le centre québécois n’a ainsi pas manqué une seule partie en six saisons. Les virus, les blessures et les coups – nombreux – portés à son encontre ne semblent avoir aucun effet sur lui. Un véritable symbole de résilience. Jeudi, le topscorer a néanmoins failli voir sa soirée écourtée après que Marc Kämpf, l’attaquant de Langenthal, l’ait lourdement chargé à la tête après 11’05’’ de jeu.

Sonné après avoir volé contre la bande, « PMD » a repris ses esprits sur le banc, avant d’inscrire le numéro 3 à la demi-heure.

Philip-Michael Devos, comment vous portez-vous après cette charge qui a fait craindre le pire en début de partie?

Je vais bien. Je sens encore le pouls battre dans le lobe de mon oreille droite. C’est une sensation étrange, mais ça va. Je vais profiter de la fin de soirée pour me relaxer devant le Master de golf d’Augusta, en Géorgie, j’ai vraiment hâte!

Au regard de la violence du choc, vous auriez pu vous en sortir avec une commotion cérébrale…

Vous savez, je suis de la vieille école, je ne crois pas vraiment à ces histoires de commotions. Je sais que mes propos peuvent paraître stupides, mais je suis convaincu que tout est question de volonté. Comme j’ai pu poursuivre le match, c’est le signe que cela va. La vie est belle!

On vous a toutefois senti un peu sur la retenue lors des présences qui ont suivi. Était-ce dû au traumatisme physique ou psychologique de ce que vous veniez de vivre?

Pour sûr, l’intensité est moins au rendez-vous lors des 2-3 «shifts» qui suivent. On se pose forcément certaines questions et il m’a fallu le temps de retrouver mes esprits. Après, il suffit d’une grosse chance de marquer ou d’un gros check à effectuer pour revenir à la normalité.

Langenthal, c’était un peu attendu, a usé de la manière forte pour tenter de vous sortir du match. Dans ce registre, celui du défi physique, votre équipe ne part pas gagnante…

Cela dépend de la manière dont nous répondons. Ce soir (jeudi), on a inscrit deux buts en supériorité numérique. S’ils veulent poursuivre sur ce chemin-là, qu’ils ne se gênent pas, on continuera de les punir en jeu de puissance.

Si votre équipe a pris les devants dans cette série, c’est avant tout grâce au rendement impressionnant de votre ligne d’attaque, à la conclusion de huit des neufs dernières réussites…

Cela fait partie de notre job. On peut être fier de notre performance et cela fait plaisir de contribuer au succès de la sorte. Après, on ne se focalise pas sur les chiffres et on ne va pas s’enflammer pour autant. On n’a pas fait le break, on est juste revenu là où on devait être au début de la série, c’est-à-dire avoir l’avantage de la glace.

Langenthal a semblé à court d’arguments lors de ce troisième acte, alors que de votre côté, vous avez livré la prestation la plus aboutie de cette série. Un signe encourageant, non?

Cela a été notre meilleure performance, sans aucun doute. Surtout défensivement. Ce n’est pas que l’on a été mauvais jusque-là. Simplement, on donnait des chances de but franchement ridicules.

Vous dites ne pas vous focaliser sur les chiffres, il y en a pourtant un sur lequel on souhaiterait revenir. C’est le temps moyen passé sur la glace, soit 55 secondes, lors de chaque présence de votre triplette offensive lors de cette demi-finale. C’est entre 5 et 10 secondes de plus que la moyenne des attaquants des autres équipes engagées dans ce dernier carré. Une explication?

Cela vient du fait que l’on est passablement utilisé dans les situations spéciales. En box-play, on peut être pris dans notre zone un moment sans parvenir à en sortir. C’est pareil en power-play, on peut tourner en zone adverse pendant un bout de temps. Tout cela gonfle les chiffres.

Il n’empêche, vous avez un temps de jeu par match parmi les plus conséquents de la ligue en saison régulière comme en play-off. Avec le calendrier que vous vous coltinez depuis trois mois, soit 38 matches depuis début janvier, il y a forcément un contrecoup à craindre tôt ou tard, non?

Beaucoup font tout un plat des statistiques. Moi, encore une fois, je ne me fie pas aux chiffres. Pour certains, notre ligne est censée être brûlée depuis plus d’un mois. Et pourtant, on score quatre fois mardi et autant deux jours après. C’est la preuve que cela ne va pas trop mal.

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