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InterviewDhanush: «J'ai le cinéma dans le sang»

La star de Kollywood fait ses débuts en Europe dans «L’extraordinaire voyage du fakir».

par
Henry Arnaud
Cannes
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Dhanush dans «L'extraordinaire voyage du fakir» qui sort ce 30 mai 2018 en Suisse.

Dhanush dans «L'extraordinaire voyage du fakir» qui sort ce 30 mai 2018 en Suisse.

Impuls
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Dhanush et Bérénice Bejo.

Dhanush et Bérénice Bejo.

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On connaissait Hollywood, est venu ensuite Bollywood et voici Kollywood, avec l’arrivée de sa plus grande star. À 35 ans, Dhanush est le plus célèbre artiste des films en langue tamoule en Inde qui se tournent principalement à Kodambakkam. «Le Matin» l’a rencontré lors du récent Festival du film de Cannes alors qu’il présentait son premier film coproduit par des sociétés européennes et indiennes, «L’extraordinaire voyage du fakir».

Comment vous présenter aux lecteurs du «Matin» qui vont vous découvrir aujourd’hui?

Mon vrai nom est Venkatesh Prabhu Kasthuri Raja mais tout le monde en Inde me connaît sous le nom de Dhanush depuis mes débuts dans le cinéma tamoul il y a seize ans. Toute ma famille est dans le showbiz, mes parents, mon frère et mon épouse. J’ai le cinéma dans le sang.

D’où vient l’idée de «L’extraordinaire voyage du fakir»?

Il s’agit de l’adaptation d’un best-seller très populaire depuis quatre ans à travers le monde (ndlr: «L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea» de Romain Puértolas)réalisée par Ken Scott. L’histoire d’un jeune de Bombay qui débarque à Paris et traverse plusieurs pays en découvrant d’autres cultures va plaire aussi bien en Europe qu’en Inde et ailleurs car il évoque des sentiments universels d’amour, d’amitié et de recherche du bonheur. Bérénice Bejo et Gérard Jugnot sont mes partenaires.

Justement, votre film mélange acteurs francophones et anglophones à d’autres venus d’Inde. Est-ce une approche différente de votre métier?

Bien sûr, et ce film m’a permis de mieux comprendre les différences dans la production, par exemple. En Inde, on tourne un film en quelques jours avec des journées de seize heures presque non-stop. En comparaison, le rythme est beaucoup plus relax en Europe. J’ai la chance de bien connaître des pays comme la Suisse d’ailleurs.

Vraiment? Qu’est-ce qui vous plaît en Suisse?

Le climat! Quand on habite en Inde, on a l’habitude de la chaleur, de l’humidité, de la foule… Pour moi, la Suisse, c’est l’opposé de tout ça! J’aime la neige, le froid, le temps sec et surtout la tranquillité que l’on trouve chez vous. Et vous savez qui est la plus grande fan de la Suisse dans ma famille? Mon épouse, Aishwarya. Nous sommes venus plusieurs fois chez vous durant nos premières années ensemble.

Êtes-vous un grand skieur?

Pas du tout, je suis une catastrophe sur des skis, mais on aime bien faire du patinage, principalement à Interlaken. Mon épouse est d’ailleurs bien meilleure que moi. Cela fait plusieurs années que nous n’avons pas revu votre pays et le simple fait de vous en parler me fait réaliser comme la Suisse me manque.

Avez-vous déjà songé à tourner un film en Suisse?

Je n’aurais jamais osé imaginer un tel projet il y a seulement un an, mais les choses sont en train de bouger. Durant le Festival du film de Cannes, une délégation de professionnels du septième art en Inde est venue sur la Croisette pour rencontrer des Européens dont des producteurs de Zurich. Il est question de coproductions entre l’Europe et l’Inde, ce qui permettrait aux acteurs ou réalisateurs de nos deux mondes de se faire connaître par de nouveaux spectateurs. Il n’y a rien de concret en Suisse, mais si «L’incroyable histoire du fakir» est un succès au box-office chez vous, cela devrait nous ouvrir des portes.

Avez-vous d’autres projets immédiats en Europe?

Rien n’est signé pour un tournage en Europe. Mais j’espère surtout que la sortie du «Fakir» va m’aider à faire découvrir les films que je tourne en Inde. Mon épouse est réalisatrice et je serai producteur de son nouveau projet, qui retrace l’histoire vraie du plus grand champion paralympique d’Inde, Mariyappan Thangavelu. Je participe aussi aux prochains films de ma belle-sœur et de mon beau-père, qui sortiront en Inde avant fin 2018. Je vous l’ai dit, le showbiz, c’est une affaire de famille chez moi!

Peut-on imaginer une suite au «Fakir»?

Bien sûr… Même une trilogie. (Rires.) La beauté du film est de voir de quelle manière les cultures françaises ou italiennes, par exemple, peuvent influencer le jeune venu d’Inde. C’est aussi une fable pleine d’aventures que l’on pourrait poursuivre dans d’autres pays.

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