24.01.2014 à 16:36

WEF 2014Didier Burkhalter interpelle John Kerry sur l'espionnage US

Le président de la Confédération Didier Burkhalter a appelé Washington «respecter les lois suisses» dans le cadre de la surveillance par l'Agence nationale de sécurité (NSA).

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La conférence de l'Open Forum de Davos au sujet de la Suisse avec, de gauche à droite, Didier Burkhalter, président de la Confédération, Harry Hohmeister, directeur général de Swiss International Air Lines, Boris Collardi, directeur général de la banque Julius Baer, Andrea Bleicher de la  SonntagsZeitung, Felix R. Ehrat, Group General Counsel chez Novartis, et Jean-Claude Biver, président de Hublot (24 janvier 2014)

La conférence de l'Open Forum de Davos au sujet de la Suisse avec, de gauche à droite, Didier Burkhalter, président de la Confédération, Harry Hohmeister, directeur général de Swiss International Air Lines, Boris Collardi, directeur général de la banque Julius Baer, Andrea Bleicher de la SonntagsZeitung, Felix R. Ehrat, Group General Counsel chez Novartis, et Jean-Claude Biver, président de Hublot (24 janvier 2014)

Jean-Christophe Bott, Keystone
Didier Burkhalter, le chef de la diplomatie suisse à l'issue d'un entretien avec le secrétaire d'État américain John Kerry à Davos, en marge du  WEF.(Vendredi 24 janvier 2014)

Didier Burkhalter, le chef de la diplomatie suisse à l'issue d'un entretien avec le secrétaire d'État américain John Kerry à Davos, en marge du WEF.(Vendredi 24 janvier 2014)

Keystone
Thomas J. Jordan (g.) en compagnie du gouverneur de la Banque Centrale brésilienne, Alexandre Tombini (d.), (24 janvier 2014)

Thomas J. Jordan (g.) en compagnie du gouverneur de la Banque Centrale brésilienne, Alexandre Tombini (d.), (24 janvier 2014)

Laurent Gillieron, Keystone

Les Etats-Unis ne souhaitent pas pour leur part ouvrir de dialogue bilatéral sur la question.

«Nous souhaitons que nos lois soient respectées», a indiqué le chef de la diplomatie helvétique à l'issue d«un entretien avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry vendredi matin 24 janvier à Davos (GR), en marge du Forum économique mondial (WEF).

Interrogé lors d'un point de presse sur la réaction américaine à ses propos, il n'a pas souhaité commenter. «Je ne veux pas me faire le porte-parole de M. Kerry», a-t-il déclaré.

Pas de dialogue bilatéral avec la Suisse

Didier Burkhalter a seulement expliqué que les Etats-Unis ne souhaitent pas ouvrir de dialogue bilatéral avec la Suisse sur la question. «Ils veulent développer ce dossier au niveau mondial» et porter plus généralement tous les aspects liés à la sphère privée sur le devant de la scène.

Le gouvernement a déjà dit plusieurs fois qu'il condamne fermement toute activité de renseignement qui violerait les lois suisses, quels qu'en soient les auteurs. Répondant en juin à la Suisse, Washington avait affirmé respecter le droit helvétique. Mais depuis, des révélations sur des activités menées à Genève à la mission américaine auprès de l'ONU ont remis la question sur le devant de la scène.

Les données bancaires

Didier Burkhalter n'a pas évoqué avec John Kerry la procédure pénale contre inconnu en cours en Suisse. Le Conseil fédéral a donné son feu vert début décembre en raison de «réels soupçons» d«activités d«espionnage par des Etats étrangers sur le territoire helvétique. L'article 271 du Code pénal, qui liste les actes punissables pour un Etat étranger, a été enfreint selon le Ministère public de la Confédération.

Les deux hommes ont également abordé la problématique des données bancaires. «Nous souhaitons que les banques qui ont adhéré au programme du Département de justice américain soient traitées avec fair-play», a indiqué Didier Burkhalter.

Le nucléaire iranien

MM. Burkhalter et Kerry ont aussi discuté du dossier iranien, au lendemain de la rencontre entre le président de la Confédération et le président iranien Hassan Rohani. «Nous avons évoqué le rôle de la Suisse et de Genève dans le cadre des divers processus en cours», sur la Syrie et le nucléaire iranien, a indiqué le chef du Département fédéral des affaires étrangères sans donner de précisions.

Un retrait du mandat de représentation des intérêts américains en Iran n'est par ailleurs pas à l'ordre du jour, a ajouté Didier Burkhalter.

(ats)

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