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La Chaux-de-FondsDidier Cuche piégé par la police

Invité aux Mélèzes, vendredi, à donner le coup d'envoi de HCC - Ajoie, le skieur est reparti avec un drôle de souvenir sur son pare-brise.

par
Christian Maillard
Keystone

Il sait, Didier Cuche, que sa notoriété ne lui donne pas tous les droits. Que lui, le Suisse de l'année, n'est pas au-dessus des lois. Le Neuchâtelois n'est d'ailleurs pas du genre à faire toute une histoire d'un papillon. N'empêche. Ce qui suit a de quoi prêter à sourire…

S'il ne désire pas s'exprimer sur le sujet, il va de soi que le champion des Bugnenets, régional de l'étape, aurait pu bénéficier d'un autre traitement, digne de son rang, ce vendredi soir aux Mélèzes. «Il ne s'est rien passé d'important qui mérite d'être mentionné», rigole aujourd'hui le meilleur descendeur du monde, qui ne désire pas polémiquer. Et pourtant l'anecdote prouve une fois de plus que nul n'est prophète en son pays. Qu'on ne sait pas forcément recevoir un hôte prestigieux.

Aucune place VIP

L'anecdote? Didier Cuche a été invité par le HC La Chaux-de-Fonds à donner le coup d'envoi du troisième acte des play-off contre Ajoie. C'est bien sûr avec plaisir que le plus célèbre fan du HCC a accepté, malgré un emploi du temps très chargé. Comme les 4673 spectateurs, il a d'ailleurs vibré. Sa soirée a vraiment été inoubliable.

Arrivé au dernier moment pour poser le puck au centre de la glace, histoire d'éviter la foule, il n'y avait rien de prévu autour de la patinoire, aucune place VIP pour garer son véhicule. Du coup, le Vaudruzien a confié les clés de sa voiture bariolée aux couleurs de Swiss-Ski à un agent de la sécurité, qui s'est chargé de la garer. Ce qu'il ignorait encore, c'est qu'à son retour, après la défaite de son HCC, il avait une autre mauvaise surprise, cette fois-ci sur le pare-brise de son Audi.

Une convocation au poste

«Je respecte Didier Cuche comme athlète, je suis très admiratif de ses résultats, mais en matière de circulation c'est un conducteur comme un autre. Sur la route, il n'est plus champion du monde, commence Blaise Fivaz, responsable du Service du domaine public de La Chaux-de-Fonds (SDP). On ne regarde pas à qui appartient le véhicule. J'admets cependant qu'il y a eu un quiproquo entre les différents services qui travaillent autour des Mélèzes. Mais je précise que le fichet qui se trouvait derrière son essuie-glace n'était pas une contravention. C'est uniquement une convocation à se présenter dans nos locaux pour sensibiliser les automobilistes à un problème de stationnement. C'est un endroit où on ne veut plus que les gens se parquent. C'est tombé sur Didier Cuche et je suis désolé, mais on ne fait pas de favoritisme, tout le monde est sur le même pied d'égalité, cela aurait pu arriver sur n'importe qui, c'était pareil. On ne fait pas de la répression pour faire de la répression, mais on souhaite qu'au prochain match ils se garent ailleurs, c'est tout.»

Blaise Fivaz ne cache pas, malgré tout, que Didier Cuche n'est pas responsable de son acte. «C'est vrai, admet-il, qu'au fur et à mesure que les gens arrivent notre dispositif se déplace. Et, suivant par où Didier Cuche est arrivé, s'il n'y avait plus de gens de chez nous, c'est quelqu'un d'autre de la sécurité qui l'a stationné au mauvais endroit. On a eu un petit couac, et cela ne vaut pas la peine d'en faire des gorges chaudes. On sort toujours grandi d'une expérience, avec tout ce monde, ce mardi on prendra d'autres dispositions.»

Un président «gêné»

Conscient que le skieur neuchâtelois «a d'autres chats à fouetter», le responsable chaux-de-fonnier reconnaît que ce conducteur pas comme les autres ne risquera rien du tout s'il ne se présente pas dans les locaux du SDP. «On ne peut que regretter ce qui s'est passé, poursuit Blaise Fivaz, mais je ne dis pas que je m'excuserai, car, si cela avait été M. Tout-le-monde, personne n'en aurait parlé, de cette mésaventure.»

Si Marius Meijer, président du HCC, se dit «gêné» de ce petit malaise aux Mélèzes, le fonctionnaire du SDP rétorque que la collection de papillons collés vendredi sur les nombreux véhicules jurassiens ne nuira pas à l'image de sa ville de La Chaux-de-Fonds. «Si un supporter ne veut pas marcher et respecter les ordres de parcage, il s'expose forcément à des amendes, mais pas seulement chez nous. Pour moi, un conducteur qui commet une infraction, il a une contravention.»

Entraîneur du HCC, Gary Sheehan n'est pas surpris. «J'ai des amis qui ne peuvent pas venir au match à 16?heures et, comme il n'y a pas de place, ils se font coller. Ils repartent avec une amende de 120?francs, alors que les trottoirs ne sont pas déneigés. On devrait être plus indulgent.» Comme Didier Cuche, les joueurs du HCC et leur coach ne sont, eux aussi, pas au-dessus des lois.

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