Actualisé 09.05.2018 à 06:12

Didier Tholot: «Voir le FC Sion là, ça me gonfle»

Football

Alors qu’il est en train de sauver Nancy, l'entraîneur français n’a rien oublié de ses années valaisannes. Et ce qu’il voit l’irrite.

par
Nicolas Jacquier
Didier Tholot est actuellement entraîneur à Nancy. GETTY

Didier Tholot est actuellement entraîneur à Nancy. GETTY

Didier Tholot avait quitté le banc du FC Sion le 12 août 2016 pour être remplacé quelques jours plus tard par Peter Zeidler. Mais le Français n’a jamais fait mystère des liens particulier qui le lient au Valais, ainsi qu’à son ancien boss. «Aujourd’hui, ça me fait chier de voir le club à cette position. Alors oui, ça me gonfle vraiment. On peut toujours trouver des raisons. À commencer par un éternel sentiment d’impatience. La patience n’a jamais été un grand atout.»

Vu de l’extérieur, un élément a particulièrement interpellé notre interlocuteur cette saison. «Comment Sion a-t-il pu se passer aussi longtemps d’un joueur comme Carlitos?, (s’)interroge-t-il. Si Carlitos avait davantage pu s’exprimer, les Valaisans n’en seraient pas là.» Le même raisonnement pourrait s’appliquer à Elsad Zverotic, l’un des autres bannis. Au moment où Sion n’offre pas toutes les garanties de sécurité défensive, sa présence aurait pu s’avérer précieuse ce printemps.

S’il se garde de porter des jugements définitifs sur ce qui se passe à la Porte d’Octodure, Tholot a aujourd’hui d’autres priorités, lui qui est en train de remporter le défi fou qu’il s’est fixé: sauver l’AS Nancy-Lorraine (L2), qu’il avait repris en position de relégable le 3 avril dernier. «Ce que j’ai déjà fait en Suisse avec Sion, je suis en train de le réussir en France. Avant d’accepter l’offre de Jacques Rousselot (ndlr: président de Nancy), j’ai pris le temps de refuser pas mal de choses. Nancy, c’est Nancy, un club qui compte, possédant d’ailleurs quelques similitudes avec Sion, au niveau de l’énergie de son public et de la passion de ses habitants.» A Marcel-Picot, l’affluence moyenne s’établit cette saison à 13 000 spectateurs.

Il aime les complications

Spécialiste en cause prétendument perdues, Didier Tholot y retrouve, dit-il, l’adrénaline du risque. «J’aime bien quand c’est compliqué. Lorsque l’on reprend une équipe mal classée, en proie aux doutes, un entraîneur doit utiliser les leviers qu’il peut réellement actionner. On n’est ni dans la théorie ni dans la révolution parce que l’on n’a pas le temps de s’éparpiller. Il faut aller au plus pressant. À Nancy, j’ai relancé des joueurs qui étaient à la rue ou ne jouaient pas afin de trouver un nouvel équilibre. Quand une équipe prend l’eau, la première mesure n’est pas de savoir comment marquer plus de buts, mais de se demander comment faire pour en encaisser déjà moins. Je n’avais pas agi autrement la dernière fois à Sion.»

L’état d’esprit? Du pipeau!

Alors que Sion et Nancy luttent pour le maintien de part et d’autre de la frontière, Tholot en profite pour tordre le cou au fameux état d’esprit, une notion bafouée selon lui. «C’est vraiment le truc bateau, que l’on utilise à toutes les sauces. Mais l’état d’esprit, ce n’est pas de savoir si une équipe a envie ou pas, cela va bien au-delà. Si un défenseur se retrouve à cinq mètres de son attaquant, c’est davantage un problème de positionnement que d’état d’esprit.»

Ce soir, Tholot suivra la performance du FC Sion au Letzigrund contre GC, des visiteurs nettement plus à l’aise loin de Tourbillon. Alors qu’il n’a fêté que trois succès devant son public cette saison, Sion a enregistré cinq victoires à l’extérieur. «C’est incroyable qu’ils en soient arrivés là, conclut son ancien technicien. J’espère vraiment que Sion va s’en sortir.» Le Valais doit à Didier Tholot la 13e Coupe de Suisse (3-0 contre Bâle) et l’épopée européenne de 2015, notamment contre Liverpool. Presque déjà un autre monde, un autre temps.

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