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FootballDiego Benaglio: «Nous pouvons battre l'Argentine»

Il a joué deux fois déjà contre Lionel Messi. Même si le stratège argentin l'a battu à une reprise, Diego Benaglio ne conserve pas un souvenir mortifiant de ces deux premières rencontres.

Peter Klaunzer, Keystone

Le 2 juin 2007 à Bâle, alors que Diego Benaglio était toujours en concurrence avec Pascal Zuberbühler et Fabio Coltorti pour une place de titulaire à l'Euro 2008, il avait joué les 90 minutes d'un match - le dernier de Raphaël Wicky sous les couleurs de la Suisse - qui s'était soldé sur un 1-1, Marco Streller répondant à la 64e à l'ouverture du score de Carlos Tevez à la 50e. Dans le camp argentin, Lionel Messi avait été remplacé à la 88e par Javier Saviola.

Le 23 février 2012 à Berne, Benaglio n'avait joué cette fois que la première période avant d'être remplacé par Marco Wölfli. Il s'était incliné à la 20e devant Messi. Après l'égalisation de Shaqiri à la 50e, le joueur du FC Barcelone battait à deux reprises Wöfli, à la 88e sur une bourde du malheureux François Affolter et dans le temps additionnel sur un penalty.

Ce retour en arrière suscite deux réflexions au gardien de l'équipe de Suisse.« Dans ces deux matches, nous avons, d'une part, vraiment pu rivaliser avec les Argentins, lâche-t-il. Je me dis que mardi à Sao Paulo, une surprise, comme le football peut en offrir beaucoup, est possible. D'autre part, j'ai pu mesurer tout ce que représente un joueur comme Lionel Messi. Il est capable de décider de l'issue d'un match sur une seule action. Cela ne sert à rien de le regarder mille fois à la vidéo pour tenter d'anticiper ce qu'il pourrait te faire sur le terrain. Il peut réussir le geste ou l'action que personne n'attend, que personne n'imagine.»

Malgré la présence de cet extraterrestre dans les rangs adverses, Diego Benaglio veut y croire. «Si nous sommes tous dans un grand jour, nous pouvons battre l'Argentine, lance-t-il. La réaction que nous avons témoignée à Manaus cinq jours après la déroute contre la France plaide en notre faveur. Après le match de Salvador, la déception était énorme. L'échec était à la fois individuel et collectif. Nous savions, aussi, que le match contre le Honduras nous donnait une chance de nous racheter. L'équipe a resserré vraiment ses liens et je crois que nous avons été à la hauteur de l'événement. Avec le recul, je dois avouer que cette situation n'était pas simple...»

Le gardien veut sans doute parler de cette énorme pression que les joueurs ont pu ressentir lors du premier tour. Aujourd'hui, la pression est évacuée mais, heureusement, la tension demeure. «Personne ne va se relâcher. Je peux vous le garantir. Un huitième de finale de Coupe du monde est un moment exceptionnel, glisse Diego Benaglio. Encore plus face à l'Argentine à Sao Paulo, où le public brésilien sera de notre côté. Ici, la rivalité entre le Brésil et l'Argentine est extrême. Même si les supporters argentins seront nombreux mardi, je rêve que le stade sera en majorité acquis à notre cause. Cela peut aider!»

Gardien d'une équipe de Suisse qui n'avait pas passé le cap de la phase des poules à l'Euro 2008, à la Coupe du monde 2010 et aux Jeux olympiques de 2012, Diego Benaglio avancera en terre inconnue mardi avec ce match à élimination directe. Dont l'issue pourrait se décider aux tirs au but. Après avoir stoppé le penalty de Benzema contre la France, le gardien du VfL Wolfsburg pourrait être le grand héros de Sao Paulo mardi. «Je ne sais pas si mon arrêt sur la frappe de Benzema me donnera l'avantage, poursuit-il. Dans une séance aux tirs au but, la pression est surtout pour le tireur. Mais je n'oublierai pas que j'ai déjà arrêté un ou deux penalties dans ma carrière...»

(SI)

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