Motocyclisme – Dimanche, jour des parieurs?
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MotocyclismeDimanche, jour des parieurs?

Deux titres mondiaux peuvent être attribués ce dimanche à Portimão. Problème: dans les trois catégories, l’inconnue «pneumatiques» est réelle.

par
Jean-Claude Schertenleib

Le ciel est toujours aussi bleu, mais le pullover reste de mise: il faisait 13 degrés ce matin lors du warm-up Moto3, un peu plus 50 minutes plus tard, pour la classe Moto2, dont on sait qu’elle terminera le programme dominical à Portimão. Ces conditions fraîches posent des problèmes à toutes les équipes, ce d’autant plus que le thermomètre pourrait grimper de quelques degrés au fil des heures. Alors, entre les différents choix de gommes – tendre, moyenne, dure -, cela ressemble à une partie de poker. Préférer quelque chose de plus tendre pour se mettre rapidement dans le peloton de tête, mais risquer de souffrir en fin de course? Privilégier les derniers tours avec des pneus plus durs? C’est un casse-tête. Et c’est dans ces conditions que deux titres mondiaux se jouent, celui de la classe Moto3 entre Pedro Acosta (KTM) et Dennis Foggia (Honda) et celui de la classe Moto2, entre deux équipiers, Remy Gardner et Raúl Fernández.

Pedro Acosta et la guerre psychologique

Indécision technique, pression psychologique, tous les ingrédients sont rassemblés. Et Pedro Acosta qui, rappelons-le, est un «rookie» en championnat du monde, n’est pas le dernier pour tous les utiliser. Ainsi, ce matin, après avoir battu tout le monde de 8 dixièmes au warm-up (20 minutes d’essais libres), il est venu à la hauteur de son adversaire Dennis Foggia pour lui faire un petit signe de la main: «Coucou, je suis là...» Rappel: au moment du départ, à 12 h 20, il y aura deux lignes complètes entre les deux hommes, Foggia à la quatrième place de la grille, Acosta à la quatorzième.

La phrase du jour: Valentino Rossi

«Je suis à moins d’une seconde de la pole position. Mais le problème, aujourd’hui, c’est qu’avec une telle performance, vous vous retrouvez seizième sur la grille de départ»: ou toute la complexité du MotoGP actuel résumé en une phrase par le futur retraité.

Dovizioso, un dinosaure éphémère?

Valentino Rossi prend, ce dimanche, son 431e départ en GP. Dovizioso sera sur une grille mondiale pour la 331e fois, Thomas Lüthi pour la 317e et Simone Corsi pour la 301. Dans le top 5 des pilotes qui comptent le plus de GP depuis le début du championnat du monde (en 1949), un seul d’entre eux, Loris Capirossi (328 départs) est à la retraite. Un statut qui sera celui de Rossi, Lüthi et Corsi dans une semaine. Restera donc, dans un peloton toujours plus rajeuni, Andrea Dovizioso qui a fait le contraire de tout le monde en reprenant du service après une année sabbatique. «Je ne suis pas revenu pour faire le nombre, même si, actuellement, c’est le cas. Je pensais bien que Morbidelli avait ses raisons en ne voulant plus rouler avec cette Yamaha (type 2019), même si elle lui avait permis de terminer deuxième du championnat l’an dernier, désormais je le comprends un peu mieux.» Reste «la» question: quel est l’intérêt, pour Yamaha, d’engager un pilote qui a ses plus belles années derrière lui? On peut imaginer deux réponses: premièrement, l’expérience de «Dovi» peut être bénéficiaire pour ses collègues de marque dans la mise au point. Mais il y a un autre scénario, dont personne ne parle, ce qui prouve peut-être qu’il est le bon: dans l’attente de l’arrivée en MotoGP du Turc Toprak Razgatlioglu (il jouera le titre mondial superbike pour Yamaha dans deux semaines, en Indonésie) en 2023, il fallait trouver un pilote éphémère pour l’an prochain!

Une avant-dernière avant la quille

Valentino Rossi le répète à l’envi: «C’est plus difficile d’éprouver du plaisir quand on se bat loin des meilleurs.» A une semaine de son dernier GP, Thomas Lüthi vit exactement la même situation: «Il est difficile de savoir ce que je dois dire actuellement, je m’attendais à beaucoup mieux samedi. Par rapport à la veille, j’étais persuadé que nous avions fait un pas en avant, ce fut le cas, mais il n’était pas assez important.» Que faire, dans ces conditions. Samedi soir, Thomas Lüthi avait une seule idée: «Essayer de faire un reset complet cette nuit et attaquer la course l’esprit libre.» Il signe le 27e temps du warm-up. Courage...

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