Genève: Discussions encore incertaines pour le Yémen
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GenèveDiscussions encore incertaines pour le Yémen

Alors que des discussions de paix doivent avoir lieu vendredi à Genève, la délégation des rebelles Houthis se fait toujours attendre.

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Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

AFP
La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

AFP
La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

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L'incertitude planait encore jeudi sur les discussions de paix sur le Yémen à Genève qui devraient normalement se tenir vendredi sous l'égide de l'ONU. La délégation du gouvernement yéménite menace de quitter Genève et a donné 24h aux Houthis pour venir. La délégation des rebelles Houthis se fait toujours attendre, réitérant ses trois conditions.

Les rebelles exigent de partir dans un avion omanais, de transférer des blessés vers Mascate ainsi que la garantie de pouvoir rentrer dans la capitale yéménite Sanaa - qu'ils contrôlent - après la fin des consultations, a expliqué Hamid Assem, membre de la délégation.

«Nous sommes prêts à aller (à Genève), mais les Nations unies n'ont pas tenu leurs promesses sur les points qui ont fait l'objet d'un accord avec leur émissaire» Martin Griffiths préalablement, a ajouté le délégué rebelle. «Nous avons des blessés que nous voulons transférer à Oman et des blessés à Oman que nous voulons rapatrier à Sanaa et cela a fait l'objet d'un accord» avec l'ONU, a poursuivi M. Assem. Par ailleurs, «nous n'avons pas reçu jusqu'ici de garantie en ce qui concerne notre retour à Sanaa», a-t-il encore indiqué.

Les parties yéménites étaient en principe attendues jeudi au Palais des Nations, siège de l'ONU à Genève, mais en raison de l'absence de la délégation des Houthis, l'émissaire de l'ONU, le Britannique Martin Griffiths, a décidé de ne pas mener de consultations jeudi dans l'enceinte onusienne. Elles devraient avoir lieu vendredi.

L'émissaire oeuvre sans relâche

La délégation du gouvernement yéménite a pour sa part annoncé qu'elle quitterait Genève si les rebelles Houthis ne venaient pas en Suisse dans les 24 heures pour participer aux discussions. «Demain en milieu de journée, vous aurez de nos nouvelles.

Demain, (ce) sera notre décision finale de rester ou de partir», a déclaré aux médias à Genève un membre de la délégation du gouvernement, Hamza Alkamali.

En attendant, le Britannique s'est rendu jeudi dans l'hôtel de la délégation du gouvernement, a constaté un journaliste de l'AFP. Dans une déclaration, il a ensuite insisté sur le fait qu'il «continuait d'oeuvrer pour permettre les discussions de Genève d'aller de l'avant». Ces pourparlers sont les premiers depuis l'échec en 2016 d'un processus de paix qui avait duré plusieurs mois au Koweït.

La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du pays, dont la capitale Sanaa. En mars 2015, une coalition sous commandement saoudien est intervenue militairement au Yémen en soutien aux forces progouvernementales. Le conflit a fait quelque 10'000 morts, selon l'ONU.

Jusqu'ici, les belligérants campent sur leurs positions. La coalition et ses protégés yéménites insistent sur la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU reconnaissant «la légitimité» du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exigeant le retrait des Houthis des territoires qu'ils ont conquis et la restitution des armes lourdes.

Les Houthis demandent, eux, «l'arrêt de l'agression» saoudo-émiratie avant toute concession. La coalition sous commandement saoudien a admis jeudi de possibles «dommages collatéraux et des victimes civiles» lors d'opérations qui ont visé le 23 août des rebelles Houthis.

Missile intercepté

La coalition a par ailleurs annoncé que l'Arabie saoudite avait intercepté mercredi au-dessus de la ville saoudienne de Najrane un missile balistique tiré depuis le Yémen par des rebelles Houthis. Les débris du missile ont fait 26 blessés dont deux enfants, selon la coalition, citée par des médias saoudiens.

Jeudi, seize ONG humanitaires internationales, dont Amnesty International France et Médecins du Monde, ont appelé le président français Emmanuel Macron à condamner explicitement les attaques faisant des victimes civiles au Yémen. Elles lui ont réitéré leur demande d'une suspension des livraisons d'armes françaises à l'Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis.

(ats)

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