France – Disparition de Delphine Jubillar: le mari reste en prison
Actualisé

FranceDisparition de Delphine Jubillar: le mari reste en prison

L’homme nie tout lien avec la disparition de sa femme en 2020. Mais il est écroué depuis juin dernier et toutes ses demandes de libération ont été rejetées.

Une manifestation de ses collègues et de ses proches en juin dernier, pour dire que Delphine Jubillar n’était pas oubliée.

Une manifestation de ses collègues et de ses proches en juin dernier, pour dire que Delphine Jubillar n’était pas oubliée.

AFP

La justice a une nouvelle fois refusé de libérer Cédric Jubillar, principal suspect après la disparition voici près d’un an de sa femme Delphine, infirmière à Albi et mère de leurs deux enfants. Le peintre-plaquiste de 34 ans, qui se dit innocent, a été écroué le 18 juin, six mois après que son épouse a disparu, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Le couple était en instance de divorce.

«La demande de remise en liberté a été rejetée. La motivation est identique aux précédentes, la cour a estimé que des investigations étaient en cours et devaient se dérouler en maintenant Cédric Jubillar en détention. Une nouvelle demande sera formulée lorsque ces investigations auront progressé», a déclaré à l’AFP Jean-Baptiste Alary, un des avocats de Cédric Jubillar».

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a rejeté lundi sa demande de remise en liberté, comme elle l’avait fait deux mois plus tôt. La justice avait également ordonné le maintien en détention du mari, lorsqu’il avait fait appel en juillet de son placement en détention provisoire. Les avocats ont été notifiés de la décision par courrier électronique.

«Il se dit toujours innocent des faits qui lui sont reprochés, et nous continuerons à nous battre pour que cela soit démontré, a averti Me Alary. On continue de dire qu’il n’existe pas de charges suffisantes contre lui ou d’indices graves et concordants.»

Cédric Jubillar, qui travaillait comme intérimaire dans le secteur du bâtiment, nie tout lien avec la disparition de sa femme et mère de leurs deux enfants. Au lendemain de la disparition, il a participé à une battue organisée par les gendarmes, puis à une marche blanche au printemps.

Delphine Jubillar, infirmière de nuit dans une clinique d’Albi et alors âgée de 33 ans, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Elle a été vue pour la dernière fois dans leur maison de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. C’est son mari qui a donné l’alerte aux gendarmes.

«Ni preuves, ni corps»

Mis en examen pour homicide volontaire le 18 juin et aussitôt placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, il est détenu à l’isolement, un point que contestent également ses avocats.

Après un interrogatoire le 15 octobre dans le bureau des juges, le principal suspect de l’affaire Delphine Jubillar doit à nouveau répondre le 3 décembre aux questions des deux magistrates en charge de l’enquête. Le 17 novembre, la demande de remise en liberté a été examinée à huis clos par la chambre de l’instruction. Avant que la salle d’audience ne se vide, Cédric Jubillar a lancé en direction des journalistes: «Je suis innocent, je n’ai pas tué Delphine».

Les avocats de proches de Delphine, constitués partie civile, se sont positionnés pour un maintien en détention. «Pour la nécessité de l’enquête», a plaidé Laurent de Caunes.

Depuis cinq mois, les avocats de Cédric Jubillar estiment que la présomption d’innocence est bafouée, que la détention est «abusive». «Il n’y a ni preuves, ni corps, ni scène du crime», estime Emmanuelle Franck, avocate de Cédric Jubillar.

De nombreuses recherches ont été entreprises par les gendarmes dans la maison et aux alentours du village de Cagnac-les-Mines, où résidait la famille Jubillar. Régulièrement, des amies de l’infirmière se rassemblent et arpentent champs et bois autour du village en espérant trouver un indice.

(AFP)

Votre opinion