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DébatDisparues de Chexbres: les associations réagissent

Elargir les alertes enlèvement aux cas perpétrés par un parent? Pour beaucoup, la disparition de Mizué et de sa fille souligne la nécessité d’une évolution du système.

par
Renaud Malik

«On vit encore sur cette croyance qui veut qu’un enfant ne risque rien s’il est avec un parent, soupire Diane Burgy, de la Fondation pour la recherche d’enfants disparus. Il est temps de se réveiller et d’élargir le système.»

Un objectif que partage la fondation Sarah Oberson qui, comme l’annonce son président Bernard Comby, entend mener cette année un lobbying intense à Berne.

Même détermination du côté de la fondation Missing Children, dont l’équipe d’avocats travaille à une étude comparative entre les systèmes européens, qui sera publiée dans l’année. «Nous pourrons nous appuyer sur l’étude pour exiger des changements», explique la porte-parole Alessandra Cossu.

L'EDITO

Un enfant vaut mieux qu’une règle

Sept jours, sept longs jours avant que la sonnette d’alarme soit tirée. C’est ce qui s’est passé dans le cas de Mizué, cette maman vaudoise qui a disparu avec sa fillette de 7 ans entre Chexbres et Paris. Ce délai d’une semaine entre l’appel au secours des proches et l’avis de police est-il acceptable?

L’alerte-enlèvement existe pourtant depuis le 1er janvier en Suisse. Un dispositif qui doit permettre d’agir instantanément. Mais, comme dans cette affaire il s’agit d’une disparition, elle ne pouvait pas être lancée. C’est que l’alerte-enlèvement répond à des critères stricts. Trop stricts. Jamais ce dispositif n’a été utilisé. En fait si, une fois, en avril dernier, pour un exercice grandeur nature en Valais.

Chaque fois, les règles sont brandies pour ne pas la déclencher. Bien sûr, la police doit trier et enquêter. Bien entendu, un parent qui a la garde d’un enfant peut décider de s’absenter sans en demander la permission à la terre entière. Mais, dans le cas de Mizué, la maman est psychologiquement diminuée et elle peut mettre la vie de son enfant en danger. Les premières heures sont cruciales dans ce genre d’affaire. Et là, la police a attendu une semaine pour l’avis de disparition. Avec une maman en détresse et des proches inquiets, il est difficile de comprendre une telle attente.

Les associations spécialisées exigent aujourd’hui une évolution du système qui régit l’alerte-enlèvement en intégrant aussi les cas de disparition. Il y a urgence. La vie d’un enfant est trop précieuse pour qu’on prenne le risque de la sacrifier sur l’autel de la bureaucratie.

PHILIPPE MESSEILLER Rédacteur en chef adjoint

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