France: Dix ans de prison pour avoir torturé un codétenu
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FranceDix ans de prison pour avoir torturé un codétenu

Les deux hommes condamnés vendredi avaient notamment fouetté et électrocuté le prisonnier qui partageait leur cellule à Villepinte, près de Paris.

La Cour d’assises de Seine-Saint-Denis, en région parisienne, a condamné vendredi deux hommes de 21 et 23 ans à 10 ans de prison pour avoir torturé leur codétenu en 2018.

La Cour d’assises de Seine-Saint-Denis, en région parisienne, a condamné vendredi deux hommes de 21 et 23 ans à 10 ans de prison pour avoir torturé leur codétenu en 2018.

AFP

Deux hommes de 21 et 23 ans ont été condamnés vendredi à 10 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Seine-Saint-Denis pour actes de torture sur un détenu qui partageait leur cellule à la maison d’arrêt de Villepinte.

Les deux jeunes hommes ont reconnu lors du procès avoir infligé une séance de torture à Adam K. dans le huis clos de leur cellule de neuf mètres carrés.

Le soir du 9 décembre 2018, Adam K., aujourd’hui âgé de 24 ans, est dénudé, fouetté puis électrocuté, jusque sur le sexe, avec les fils coupés d’un ventilateur. Il est ensuite contraint à insérer un briquet dans son anus. Paroxysme de ces quatre heures d’horreur: ses codétenus le forcent à avaler son urine et des excréments. Il finira la nuit sur le sol mouillé, en caleçon, devant une fenêtre ouverte.

L’avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers. Les deux hommes encouraient la perpétuité pour actes de torture et de barbarie. Ils feront l’objet d’un suivi sociojudiciaire pendant trois ans et seront inscrits au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes.

Victime «brisée»

À l’issue des débats vendredi après-midi, les deux hommes ont exprimé «des regrets». Leurs avocats ont pointé «la déshérence sociale» des deux accusés au parcours chaotique qui a conduit à «une délinquance juvénile banale».

Zyed B., issu de l’aide sociale à l’enfance, avait été condamné à de courtes peines pour trafic de stupéfiants. Djiguiba D., arrivé à 14 ans de Côte d’Ivoire, avait été condamné pour viol aggravé et avait fait appel.

Mercredi, lors du premier jour du procès, la victime s’est dite «brisée». «J’aurais beau voir 1001 psychologues ou psychiatres, ça me suivra toute ma vie». Le jeune homme était détenu dans un secteur réservé aux publics dits «vulnérables» où les détenus sont censés bénéficier d’une surveillance accrue car victimes de violences ou de menaces.

La maison d’arrêt de Villepinte est confrontée à une surpopulation structurelle. En mars 2017, sa directrice était allée jusqu’à refuser d’accueillir de nouveaux détenus: son établissement en accueillait alors plus de 1100, soit un taux d’occupation supérieur à 200%. Il atteignait encore 163% au début du mois.

(AFP)

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