France – Nucléaire – Dix ans de retard et une facture multipliée par quatre pour un réacteur EPR
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France – Nucléaire Dix ans de retard et une facture multipliée par quatre pour un réacteur EPR

La mise en service de la centrale en construction à Flamanville, au nord de la France, a encore été décalée, à 2023, alors que les surcoûts s'accumulent.

Le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville, dans le département de la Manche (photo du 16 août 2019). 

Le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville, dans le département de la Manche (photo du 16 août 2019).

AFP

Le groupe français EDF a annoncé mercredi de nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR en construction à Flamanville (nord de la France), qui tombent mal alors que le président Emmanuel Macron veut construire de nouveaux exemplaires sur le sol français. «La date de chargement du combustible est décalée de fin 2022 au second trimestre 2023. L’estimation du coût à terminaison passe de 12,4 milliards d’euros à 12,7 milliards (ndlr: 13,3 milliards de francs)», indique le groupe.

Dix ans de retard

Le réacteur de nouvelle génération de Flamanville, dont l’édification a débuté en décembre 2007, devait au départ être mis en service en 2012, mais son chantier a été affecté par de nombreux déboires et surcoûts. Le coût initial a quasiment été multiplié par quatre. «Le point principal de décalage du planning est lié aux activités de reprise des soudures sur le circuit secondaire», qui se termineront fin août au lieu d’avril, a expliqué EDF, alors que la crise du Covid a eu «un impact diffus». Ce nouveau retard ne constitue pas une totale surprise compte tenu des derniers problèmes rencontrés sur le chantier, notamment sur des soudures qui doivent être reprises.

Leçons à tirer

Le gouvernement veillera à ce qu’EDF «tire les leçons des différents retards» accumulés sur le chantier de Flamanville et sera «vigilant», avec l’objectif d’«améliorer le processus industriel», a souligné le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal mercredi.

Nouveaux EPR

Cette annonce intervient alors que la France s’apprête à lancer un nouveau programme de construction de réacteurs nucléaires, comme l’a annoncé Emmanuel Macron le 9 novembre. Ce dernier a souvent vanté les avantages du nucléaire, notamment d’un point de vue climatique. Ces nouveaux déboires pourraient donc compliquer la tâche de l’exécutif, qui doit encore détailler les contours de ces futurs chantiers avec une version améliorée de l’EPR (EPR2) pour une première mise en service «en 2035-2037».

Greenpeace demande un moratoire

Greenpeace a dénoncé un «énième retard qui disqualifie les annonces de nouveaux réacteurs». L’ONG demande «un moratoire sur les travaux de l’EPR de Flamanville, afin de conduire une évaluation en toute indépendance de la viabilité des réacteurs nucléaires EPR.»

Objectif 2023

L’EPR de Flamanville est actuellement le seul en construction en France. Trois réacteurs EPR sont déjà entrés en fonctionnement dans deux pays: deux en Chine, à Taishan, et un en Finlande. Un incident avait conduit en juillet à l’arrêt de l’un de ces réacteurs EPR à Taishan. EDF explique mercredi qu’il a subi «un phénomène d’usure mécanique de certains composants d’assemblages» de combustible et que cela «ne remet pas en cause le modèle EPR». EDF a assuré que, grâce au réacteur de Flamanville, «les premiers mégawattheures seront produits sur le réseau avant la fin de l’année 2023.»

(AFP)

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