Paris: Dix arrestations après de nouvelles violences
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ParisDix arrestations après de nouvelles violences

La mort d'Adama Traoré pendant son arrestation par la police continue d'alimenter la colère de ses proches. La police a arrêté 10 personnes.

La police patrouille après des échauffourées à Beaumont-sur-Oise. (Vendredi 22 juillet 2016)

La police patrouille après des échauffourées à Beaumont-sur-Oise. (Vendredi 22 juillet 2016)

AFP

Plusieurs milliers de personnes ont participé vendredi à une marche à Beaumont-sur-Oise. Cette ville en banlieue de Paris est agitée par des violences depuis la mort mardi d'un jeune lors de son interpellation. Dix personnes ont été interpellées dans la nuit.

Les forces de l'ordre ont notamment été visées par des tirs de mortiers artisanaux et de chevrotines. Quatre gendarmes ont été «blessés très légèrement», a indiqué la préfecture, qui a aussi fait état d'un incendie dans une entreprise de palettes, ainsi que de dix véhicules et des poubelles brûlés.

Lors de la marche à travers la ville, les proches d'Adama Traoré, le jeune homme de 24 ans décédé lors de son arrestation, portaient des t-shirts «Justice pour Adama, sans justice vous n'aurez jamais la paix».

Cette manifestation, annoncée comme silencieuse, a finalement été ponctuée d'applaudissements en hommage au jeune homme et de slogans comme «Je suis Adama» ou «Pas de justice, pas de paix». Certains participants ont crié «Assassins» à l'adresse de gendarmes présents discrètement à certains points du parcours.

Plus tard dans la soirée, des tirs de mortiers artisanaux ont été constatés par un photographe de l'AFP. Outre ces tirs, la préfecture a également fait état de «six feux de poubelle et dix feux de voitures».

Autres échauffourées

La mort d'Adama Traoré avait déjà entraîné plusieurs nuits d'échauffourées dans les communes de Beaumont-sur-Oise et Persan, avant de s'étendre à trois communes voisines.

Une autopsie a été pratiquée sur le corps d'Adama Traoré, suite à son décès lors de son arrestation. Elle a écarté la responsabilité des forces de l'ordre, alors que la famille avait dénoncé une possible bavure.

Jeudi, les autorités judiciaires avaient indiqué que le jeune homme souffrait d'«une infection très grave», «touchant plusieurs organes». Selon lui, le médecin légiste n'a pas relevé de «traces de violence significatives» sur le corps. Pour une source proche de l'enquête, la pathologie de la victime est la cause de sa mort.

«Acharnement policier»

Vendredi, au cours d'une conférence de presse, Assa Traoré, la soeur du jeune homme de 24 ans, a accusé: «Mon frère a été tué, mon frère a subi des violences.» Elle a aussi affirmé qu'il faisait objet d'un «acharnement policier depuis plusieurs années».

La famille du défunt a déposé vendredi une demande de contre-autopsie, a déclaré l'un de ses avocats avant le départ de la marche.

(AFP)

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