24.07.2012 à 14:45

Incendie en Catalogne«Dix minutes pour partir», des campeurs racontent leur peur

«Les pompiers sont arrivés et nous ont donné dix minutes pour prendre quelques affaires et partir», raconte un touriste néerlandais.

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Début août 2012, le feu a fait des ravages dans le parc de Garajonay aux Iles Canaries.

Début août 2012, le feu a fait des ravages dans le parc de Garajonay aux Iles Canaries.

AFP
LA ville d'Igualero, située à l'intérieur du parc Garajonay.

LA ville d'Igualero, située à l'intérieur du parc Garajonay.

AFP
Le gigantesque feu a fait quatre morts et ravagé 14'000 hectares de végétation, laissant derrière lui des paysages de désolation.

Le gigantesque feu a fait quatre morts et ravagé 14'000 hectares de végétation, laissant derrière lui des paysages de désolation.

Keystone

«On a eu dix minutes pour partir», raconte, encore tendu, Mark Van Persie, un touriste néerlandais installé comme des dizaines d'autres vacanciers sur des tapis de sol d'un gymnase de Figueres, après son évacuation d'un camping menacé par l'incendie en Catalogne.

Ce touriste est arrivé samedi en caravane avec sa famille de Kampen, aux Pays-Bas, avec l'intention de passer trois semaines en Espagne, et s'est installé dans un camping du village d'Albanya, près de Figueres dans le nord-est de l'Espagne.

Mais dimanche, un incendie d'une violence inouïe démarre dans le village franco-espagnol du Perthus. Très vite, il se propage du côté espagnol, à la ville de La Junquera et à la région catalane de l'Alt Emporda, qui se transforme en un immense brasier.

Attente angoissée

Au départ, les autorités conseillent aux campeurs de ne pas sortir de la vallée où se trouve le camping. Les flammes sont encore loin, mais la fumée est bien visible.

L'attente angoissée commence, jusqu'à lundi après-midi, lorsque le vent tourne et rend le feu plus menaçant.

«Ca faisait un peu peur, parce que nous savions qu'il n'y avait qu'une route, et jusqu'à ce que le vent change de sens, on voyait la fumée s'approcher», se souvient Mark Van Persie.

Il est 18 heures, lundi, lorsque les campeurs sont finalement évacués.

«Les pompiers sont arrivés et nous ont donné dix minutes pour prendre quelques affaires et partir», raconte le touriste néerlandais.

Toutes les routes étaient fermées

Résultat, «notre caravane est toujours au camping et nous ne savons pas quand on pourra y retourner, ni si la caravane sera toujours là ou si elle a brûlé», s'inquiète cet ingénieur de 48 ans.

Avant même l'arrivée des pompiers, la nervosité s'était emparée du camping et certains ont voulu fuir, raconte Sylvain, un touriste français de 35 ans.

«Il y en a qui ont essayé de prendre leurs affaires et de partir, mais ils sont revenus, parce que les routes étaient fermées», se souvient-il.

«C'était un peu stressant, surtout à la fin, parce qu'on voyait les cendres et ça commençait à sentir la fumée», témoigne aussi Sandra Fouchier, une Française de 35 ans, venue avec son mari et ses trois enfants d'Auriol, près de Marseille, dans le sud-est de la France.

«C'est une vallée très fermée et si le feu était arrivé jusque là, nous n'aurions pas eu d'échappatoire», raconte Anna Compte, une Catalane de 39 ans, aux côtés de son mari et de ses trois enfants de huit, six et deux ans.

Sylvain se souvient d'avoir «croisé des gens qui voulaient rentrer à tout prix en France, parce qu'ils travaillaient lundi, et ils voulaient passer par la côte. J'espère que ce sont pas eux qui ont été piégés par le feu», dit-il.

(AFP)

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