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TennisDjokovic intouchable pour ce Federer-là

Roger Federer s’est incliné logiquement en demi-finale de l’Open d’Australie (6-7, 4-6, 3-6). Au moins a-t-il réussi à faire passer un frisson.

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Sport-Center
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Novak Djokovic s'en va après la traditionnelle séance photos du vainqueur de l'Open d'Australie au lendemain de son titre.

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Keystone
Novak Djokovic prend la pose avec le trophée Norman Brookes Challenge au lendemain de son sacre.

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Keystone
A Melbourne Park, les supporters serbes ont fait la fête une bonne partie de la nuit pour célébrer leur compatriote.

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Keystone

Novak Djokovic disputera dimanche sa huitième finale de l’Open d’Australie (7 titres). Roger Federer n’avait pas les armes pour lui contester cette place dans son jardin de la Rod Laver Arena. Pas cette année, pas après le parcours cahoteux qui l’a vu laisser tant de forces sur la route de cette demi-finale. Alors que le spectre d’un forfait du «Maître» ne s’était dissipé que trois bonnes heures avant le match, il est vite apparu que «RF» avait assez soigné son adducteur pour alimenter sa légende mais pas assez pour avoir une chance de l’emporter (6-7, 4-6, 3-6).

Tout le premier set, assez fascinant, a raconté cette nuance. Conscient de ses limites, Roger Federer l’attaqua dans une sorte de lâcher-prise qui fit planer un frisson de plaisir et de tension. Le «goat» avait-il gardé un troisième miracle dans sa raquette magique? Son grand mérite aura été d’éveiller cette question improbable dans la tête des spectateurs. Parce qu’il attaquait toutes les balles, au presque, qu’il les sentait comme lors de ses plus beaux récitals, «RF» plongea Novak Djokovic dans le doute (20 coups gagnants en sept jeux). Mais il galvaudait en route trois balles de double break (4-1) puis sembla revenir sur terre au moment de servir pour le set (5-4). Le frisson avait disparu. Il se transformait en vieille rengaine lorsque «Nole» disputait le tie-break parfait (1-7).

Le hurlement de «Nole»

Comme Roger Federer avait déjà montré des faiblesses sur les «gros appuis» côté coup droit, pile là où son adducteur droit est sollicité pour tenir la frappe, la mission devenait quasi impossible. Là encore «le Maître» eut le mérite d’étirer l’inéluctable, avec ce mélange de courage et d’obstination qui construit les champions mais aussi grâce à l’efficacité de sa première balle (71% au deuxième set). Seulement voilà, Novak Djokovic est aussi un excellent «front runner» (celui qui mène la course) et il ponctuait son break décisif à 5-4 d’un hurlement qui glaça le four de la Rod Laver Arena.

La troisième manche ne changea rien au cours du match et de l’histoire. Roger Federer n’avait pas les armes pour bousculer l’incroyable maîtrise de Novak Djokovic dans son stade préféré. Dominic Thiem ou Sascha Zverev aura-t-il plus de chances dimanche? C’est possible. D’une part parce qu’il sera en pleine possession de ses moyens physiques. D’autre part parce que ces balles Dunlop très lourdes favorisent leur plus grande puissance. Mais ce constat demeure, voire se renforce : battre Novak Djokovic sur la Rod Laver Arena est aussi compliqué que de dominer Rafael Nadal sur le Chatrier ou Roger Federer dans les murmures du Centre Court. II s’agit bien du troisième Everest de la planète tennis.

Mathieu Aeschmann, Melbourne

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