29.03.2020 à 12:12

FootballDjourou et Song contre-attaquent: «c'est inacceptable»

Alex Song et Johan Djourou sont revenus sur les conditions de leur licenciement par le FC Sion.

par
Sport-Center
Johan Djourou n'aura pas porté longtemps le maillot du FC Sion.

Johan Djourou n'aura pas porté longtemps le maillot du FC Sion.

Keystone

Comme dans toutes les séparations douloureuses, le temps libère la parole, bouscule les idées reçues et équilibre les responsabilités. Licenciés le 19 mars par le FC Sion, comme sept autres coéquipiers, pour avoir refusé le chômage partiel, Johan Djourou et Alex Song se sont exprimés samedi soir dans des médias français. Deux témoignages qui soulignent le processus éclair choisi par le club valaisan pour alléger son effectif. Et nuance un peu la lecture immédiate du conflit qui avait transformé «le groupe des neuf» en mercenaires déconnectés de la réalité.

«Mon avocat va s'en occuper, c'est parti à la Fifa. On va défendre nos droits, a déclaré Alex Song dans l'After de RMC. On avait joué un amical vendredi (13 mars) et on était censés rencontrer le président lundi ou mardi. Mais à la place, on a reçu un message WhatsApp mardi après-midi (17 mars) pour nous dire que chacun devait signer un papier nous disant qu'on nous baissait nos salaires, qu'on allait nous payer environ 12.000 euros. On devait renvoyer le papier le lendemain pour 12h. On a reçu ce document sans explication"

Le silence des Constantin

Et l'international camerounais de faire part ensuite de son incompréhension. «On ne pouvait pas le signer, on n'a pas eu de discussions. Tous les clubs discutent aujourd'hui. Notre capitaine n'était au courant de rien. On a décidé tous ensemble de ne pas signer ce document. On voulait discuter. Je n'ai fait aucune faute professionnelle. Tous les clubs échangent avec leurs joueurs pour trouver des solutions. On ne comprend pas ce qui s'est passé. Personne n'arrive à comprendre».

Presque simultanément sur France TV, Johan Djourou appuyait la thèse d'un groupe mis devant le fait accompli. «Nous étions tous dans le flou et nous ne savions pas ce que ce papier impliquait. Nous voulions plus de précisions, des explications, un coup de téléphone du président ou du directeur sportif. Au moment de l'envoi de la lettre, les CDD n'étaient pas inclus dans la prise en charge du chômage partiel (le Conseil Fédéral a assuré depuis qu'ils le seraient). Il était normal de vouloir plus de précisions de la part d'un club pour lequel on se bat sur le terrain, quand on reçoit une lettre avec un délai fixé pour le lendemain. Ce n'est pas une question d'argent, mais une question de principes.»

Un refus d'abord collectif

Le Genevois précise aussi que «tous les joueurs refusent alors de signer». Soit. Mais alors pourquoi le club ne prononcera que neuf licenciements? «Je pense que certains salaires étaient élevés et que le club a voulu faire des économies en ayant peur des répercussions liées à cette crise. Il faut aussi expliquer qu'à partir de dix joueurs virés, c'est un licenciement collectif, qui implique d'autres choses.» Une description qui, selon l'ancien Gunners, ne lui correspond pas. «Lors de ma signature à Sion, j'ai dit au club, "Payez-moi aux points gagnés". J'ai fait partie de ce groupe parce que je considère que plein de choses ne sont pas acceptables dans cette histoire.»

Un immense tort moral

Dans cette interview, Johan Djourou semble d'ailleurs très marqué par les interprétations et les attaques qui ont suivi le licenciement. «On a pu lire des articles dans la presse et sur les réseaux sociaux qui ternissent mon image en tant que footballeur et surtout en tant qu'homme. J'ai été touché, ma famille aussi, par ces messages nous traitant de mercenaires. J'ai un honneur et une réputation que j'ai pu faire évoluer sur plusieurs années. Se faire ternir de la sorte, c'est inacceptable et c'est ce que je reproche aujourd'hui le plus au FC Sion. C'est pourquoi je dois préserver mon honneur et ma réputation. Il faut que je me défende, c'est une question de principes.»

M.A.

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