Football: Docteur, que se passerait-il si un joueur était contaminé?
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FootballDocteur, que se passerait-il si un joueur était contaminé?

En Suisse, le scénario de voir un sportif testé positif au covid-19 dans une équipe suscite déjà les pires craintes. Qu’adviendrait-il alors? Les explications de Matthieu Sailly, médecin du LS.

Ce vendredi à midi, les joueurs du LS ont reçu la visite du Dr. Matthieu Sailly (au centre), venu répéter les consignes à observer sous le regard du directeur sportif Pablo Iglesias et de l'entraîneur Giorgio Contini.

Ce vendredi à midi, les joueurs du LS ont reçu la visite du Dr. Matthieu Sailly (au centre), venu répéter les consignes à observer sous le regard du directeur sportif Pablo Iglesias et de l'entraîneur Giorgio Contini.

N.JR

Ce vendredi matin, les joueurs du Lausanne-Sport se sont entraînés d’arrache-pied, comme si de rien n'était ou presque. Seule l’interdiction de se serrer la main, parmi d’autres mesures d’hygiène instaurées depuis plusieurs jours, ont changé le quotidien des footballeurs de la Pontaise. Comme partout ailleurs au sein des clubs de la SFL, une campagne de prévention a été lancée, des règles d’élémentaire précaution ont été édictées.

Toubib du LS, Matthieu Sailly (41 ans) avait déjà eu l’occasion d’en informer les joueurs et tout l’encadrement du club vaudois. Aujourd’hui sur le coup de midi, au cours d’une réunion d’équipe, le praticien est venu répéter son discours de prévention, expliquer à nouveau les comportements à observer, ceux à éviter et ce qu’il convient de faire en cas de suspicion.

Dr. Sailly, concrètement, qu’avez-vous mis en place au quotidien au sein du LS?

Dès le début de la crise sanitaire, un protocole a été mis en place. Une circulaire informative a été envoyée à toutes les personnes impliquées. Chaque staff a reçu la procédure à suivre en cas de doutes, de questions ou de problèmes… Le but est d’agir aussi bien au niveau de la prévention que de l’éducation. Que cela soit au niveau de se laver les mains ou de ne plus se serrer la main, chacun sait de quoi il en retourne. Les mesures d’hygiène sont ainsi régulièrement rappelées. Bien évidemment, on a redit aux joueurs de ne pas se rendre dans une zone infectée (...) Il n'y a pas de panique à avoir. Sur chaque type de pathologie, des arbres décisionnels ont été mis en place.

Si un joueur ou un membre du staff venait à attraper un simple rhume….

On a déjà eu des symptômes grippaux basiques. Il convient de faire le tri, sachant que la propagation du covid-19 intervient en parallèle avec l’épidémie de grippe classique que l’on connaît chaque année à pareille époque. Le principe de précaution s’applique: dès qu’il y a le moindre doute, la personne concernée reste chez elle, à la maison. Dans le cas du coronavirus, il y a des facteurs bien précis à surveiller: s’être rendu dans une zone à risques, comme en Chine ou en Italie, ou avoir été contact avec une personne infectée. Au moment où l’on se parle, ces facteurs-là n’existent pas au sein du club.

Les sportifs d’élite sont-ils mieux «protégés» que le citoyen lambda?

Pas forcément. Les sportifs voyagent beaucoup et vont, potentiellement, être exposés à plus de personnes d’horizons différents. Dans les sports d’endurance, il peut même y avoir une légère baisse de l’immunité, ce qui favorise certaines infections.

Qu’adviendrait-il si un joueur devait être contaminé par le coronavirus?

Dès qu’un joueur ou toute autre personne dans l’entourage de l’équipe serait déclaré positif, cette personne serait bien sûr mise à l’isolement. En parallèle, une enquête épidémiologique serait automatiquement ordonnée, sous la responsabilité du médecin cantonal. Dans le cadre d’un club de sport, les premiers contacts seraient forcément l’ensemble de l’équipe, staff compris.

Dans ce cas-là, celui d’un joueur testé positif, un scénario forcément redouté, est-ce à dire que toute une équipe pourrait se retrouver en quarantaine?

Oui, c'est très probablement ce qui arriverait. Le cas d’un club ne diffère pas de celui d’une classe scolaire. Les conséquences d’un tel isolement ne relèveraient alors plus du seul domaine médical.

N.JR

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