Dons d'organe: le consentement présumé a été accepté à 60,2%
Actualisé

Votations du 15 maiDon d’organes: la Suisse s’ouvre au consentement présumé

Les Suisses soutiennent à 59% le projet prévoyant que les personnes n’ayant pas explicitement refusé de donner leurs organes soient considérées comme consentantes.

par
Julien Baumann

La Suisse va faire un pas vers une facilitation du don d’organes. Le projet de loi accepté par le Parlement avait été attaqué par référendum. Après la publication des résultats quasi définitifs, les votants ont suivi le parlement et le Conseil fédéral avec 60,2% d’avis favorables au consentement présumé. Le oui est toutefois plus marqué en Suisse romande. Vaud dit oui à 81,3%, Genève à 78,5%, le Valais à 72,4%, Fribourg à 73,3%, Neuchâtel à 77,2% et le Jura à 75,8%. Dans le canton de Berne, la modification de la loi est acceptée à 54,9%. En Suisse alémanique, Schwytz, Schaffhouse et les deux Appenzell se sont opposés à cet objet.

Les votations en direct sur «Le Matin»

La majorité des grands partis, à l’exception de l’UDC, soutenaient cette modification de la loi. Ils ont logiquement accueilli ce résultat positivement et estiment que la nouvelle procédure de consentement pour le don d’organe permettra de sauver des vies.

Le comité de soutien à la loi sur la transplantation d’organes a remercié chaleureusement les citoyens suisses ayant soutenu cette modification.

L’UDC considère pour sa part que «l’adoption de la loi modifiée sur la transplantation ne doit pas conduire à de nouvelles atteintes à l’intégrité physique et psychique des personnes».

La majorité de oui glissée dans les urnes ce dimanche signifie que chaque habitant sera désormais considéré comme un donneur d’organes potentiel en Suisse, pour autant qu’il n’a pas exprimé son désaccord avant sa mort. Il s’agit toutefois d’un consentement présumé «au sens large»: les proches peuvent toujours s’y opposer s’il n’existe pas de preuve d’un consentement explicite du défunt. Ce changement est léger: n’est donneur actuellement que celui qui y a consenti explicitement avant sa mort, sinon ce sont ses proches qui décident.

Le comité référendaire entièrement alémanique, présidé par une sage-femme socialiste et un médecin, s’était élevé contre le texte du Parlement. Il s’oppose à l’idée que le silence soit une forme de consentement à la transplantation, et se dit inquiet que des citoyens ignorent la nécessité de formuler leur opposition à un prélèvement. Leur crainte se dirige particulièrement vers les populations précarisées ou étrangères, qui n’entreprendraient pas forcément les démarches de leur vivant.

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