Actualisé 08.07.2020 à 21:55

Donald Trump loue la «force» des liens avec le Mexique

Etats-Unis

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a rencontré à la Maison Blanche son homologue américain, pour la première rencontre entre les deux dirigeants à trois mois des élections aux Etats-Unis.

À quatre mois de la présidentielle américaine, Donald Trump et son homologue mexicain Andres Manuel Lopez Obrador ont rivalisé d’amabilité mercredi, faisant mine d’ignorer les vives tensions entre les deux pays depuis l’arrivée au pouvoir du milliardaire républicain.

Pour leur premier tête-à-tête à la Maison-Blanche, les deux dirigeants n’ont annoncé aucune initiative nouvelle, s’en tenant à la célébration du nouveau traité de libre-échange nord-américain, en dépit de l’absence remarquée du Le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

«Notre coopération est fondée sur la confiance mutuelle et le respect mutuel», a lancé Donald Trump, qui durant sa campagne de 2016 avait lancé une violente charge contre des «violeurs» venus du Mexique et promis de faire payer à son voisin du Sud un mur frontalier pour lutter contre l’immigration clandestine. «Je suis ici pour dire aux Américains que leur président nous a traités avec gentillesse et respect», a affirmé en écho celui qui est surnommé «AMLO».

Critiques

Lors d’une déclaration sous un soleil de plomb dans les jardins de la Maison-Blanche, Donald Trump s’est employé à mettre en lumière ses points communs avec son visiteur du jour. «Chacun d’entre nous a été élu sur la promesse de combattre la corruption, rendre le pouvoir au peuple et privilégier les intérêts de son pays», a-t-il affirmé. «Je le fais et vous le faites».

L’objectif et le calendrier de cette visite – la première à l’étranger d’AMLO depuis son arrivée au pouvoir il y 18 mois – ont suscité des interrogations et de vives critiques des deux côtés de la frontière. Une dizaine d’élus hispaniques du Congrès ont réclamé – en vain – son annulation, jugeant que l’entrée en vigueur du nouveau traité, qui remplace et modernise l’Aléna de 1994, n’était qu’un prétexte. Pour eux, le véritable objectif du président était de «détourner l’attention de la crise du coronavirus» et de dissimuler «son échec à répondre de manière adéquate à la pandémie».

Pour l’élu démocrate de Chicago Chuy Garcia, né au Mexique, Donald Trump cherche avant tout, à l’approche de l’élection, une jolie photo avec Lopez Obrador pour faire oublier «quatre années d’insultes, d’attaques et de politiques désastreuses» pour les Latinos.

«Visite inutile»

Nombre de figures de l’opposition mexicaine ont, de leur côté, dénoncé avec force ce déplacement, certains y voyant une forme de capitulation. «C’est une visite inutile, qui comporte de nombreux risques et aucun avantage pour le Mexique», a déclaré à l’AFP l’ancien ministre mexicain des Affaires étrangères Jorge Castañeda.

Si le dirigeant mexicain a loué l’attitude du locataire de la Maison-Blanche, il s’était montré plus combatif en 2018, en campagne, promettant de lui tenir tête. «Si (Donald Trump) lance un tweet offensif, je me chargerai de lui répondre», avait-il lancé.

Pour l’historien mexicain Enrique Krauze, la rencontre entre les deux hommes, qui ont en particulier en commun «le mépris de la science» et sont coutumiers des attaques contre la presse, suscitera un ressentiment durable dans les deux pays. «Nous n’oublierons pas la révérence de M. Lopez Obrador face à un homme qui nous a dénigrés», a-t-il écrit dans une tribune publiée dans le «New York Times». «Et les démocrates américains n’oublieront pas le service que rend M. Lopez Obrador à un président qui leur a fait tant de mal».

Soucieux de son image de président austère, le président mexicain est arrivé mardi soir à Washington par vol commercial. Fait notable: il portait un masque à bord de l’avion. Donald Trump n’a, à ce jour, jamais été vu avec un masque en public.

(ats)

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