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Etats-UnisDonald Trump précise son cap «America First»

Le président américain a promis que Washington continuerait de «soutenir avec force l'OTAN, à condition que ses alliés mettent la main au porte-monnaie.

Donald Trump veut profiter de son discours pour donner un élan à ses réformes économiques et sociales.

Donald Trump veut profiter de son discours pour donner un élan à ses réformes économiques et sociales.

AFP

Elu sur un programme nationaliste et isolationniste, Donald Trump a martelé mardi soir devant le Congrès qu'il défendrait d'abord les intérêts des Etats-Unis avant ceux de la communauté internationale. Il a exhorté ses alliés à mettre la main à la poche pour assurer leur défense.

Dans son premier discours devant les deux chambres réunies du Congrès, Donald Trump n'a fait que survoler les questions de diplomatie et de défense. Mais le nouveau locataire de la Maison Blanche - dont la politique étrangère reste floue même si des experts la rattachent au courant isolationniste - a prévenu qu'il agirait avant tout pour les intérêts de son pays.

«Mon boulot ne consiste pas à représenter le monde. Mon boulot consiste à représenter les Etats-Unis d'Amérique», a-t-il lancé. Toutefois, Donald Trump l'a concédé: «Notre politique étrangère requiert un engagement direct, solide et significatif avec la communauté internationale».

Importance de l'OTAN

Dans la continuité de ses prédécesseurs républicains et démocrates, le 45e président des Etats-Unis a ainsi vanté «le leadership américain fondé sur des intérêts fondamentaux en termes de sécurité que nous partageons avec nos alliés à travers le monde».

Alors que Donald Trump avait tonné contre une Alliance atlantique «obsolète», qu'il avait loué le Brexit et critiqué l'Union européenne, il a voulu cette fois rassurer les alliés européens. Il a promis que Washington continuerait de «soutenir avec force l'OTAN, une alliance forgée après deux Guerres mondiales qui ont renversé le fascisme et après une Guerre froide qui a vaincu le communisme».

Mais comme il l'avait souligné durant sa campagne, le milliardaire américain a réaffirmé que les alliés des Etats-Unis - en Europe, en Asie et au Moyen-Orient - devaient accroître leurs efforts financiers pour assurer leur défense commune. Il a notamment fait allusion au fait que les pays de l'OTAN doivent consacrer au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses militaires.

Le président américain s'est d'ailleurs félicité que «dorénavant, grâce à nos discussions très animées et très franches, (les Européens) commencent» à augmenter leurs dépenses.

«Nouveaux amis»

Alors que ses prises de position isolationnistes, nationalistes et hostiles au multilatéralisme avaient semé le trouble à l'ONU, en Europe ou en Asie, Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «respecteraient les institutions historiques, mais également les droits souverains des nations».

Il n'a en revanche pas explicitement mentionné Moscou, ni son homologue russe Vladimir Poutine avec lequel il prône un rapprochement après les années de froid de l'ère Obama. Mais le président républicain y a fait allusion lorsqu'il a dit espérer forger de «nouvelles alliances» et se faire de «nouveaux amis», à la condition de «partager les mêmes intérêts».

S'engageant à «protéger la nation du terrorisme islamique radical», le président républicain a par ailleurs proposé que les Etats-Unis «travaillent» avec des pays «alliés» musulmans pour «démolir» et «éradiquer» le groupe Etat islamique, un «ennemi abominable».

Réforme du système d'immigration

Donald Trump a également esquissé une vaste réforme du système d'immigration. Il a défendu un système «au mérite» pour remplacer le système actuel d'«immigration peu qualifiée».

Le président américain a encore appelé le Congrès à abroger la loi dite de l'Obamacare et à refondre le système de santé par le biais de plusieurs réformes sur les coûts, le choix et l'accès à l'assurance santé. Une vision qui n'est pas partagée par tous, y compris parmi les républicains.

Très attendu sur l'économie, Donald Trump a promis une réforme fiscale «historique». Celle-ci se traduira par une baisse «massive» des impôts pour la classe moyenne et permettrait aux entreprises de «concurrencer n'importe qui». «Nous devons faire en sorte qu'il soit plus facile pour nos entreprises de faire des affaires aux Etats-Unis et plus difficile pour elles de partir», a-t-il martelé.

(ats)

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