09.03.2020 à 09:24

Dopage, chantage et photos osées: elle dit tout

Cyclisme

La cycliste française Marion Sicot a avoué s'être dopée, mais elle dénonce son directeur sportif, qui demandait des photos d'elle en sous-vêtements.

Les déclarations de Marion Sicot devraient mener à l'ouverture d'une enquête contre Marc Bracke.

Les déclarations de Marion Sicot devraient mener à l'ouverture d'une enquête contre Marc Bracke.

Contrôlée positive à l'EPO en juin 2019, la cycliste française Marion Sicot a reconnu sa faute dans un entretien diffusé dimanche dans «Stade 2», expliquant son «erreur» par l'emprise de son directeur sportif chez Doltcini-Van Eyck Sport, formation qui fait par ailleurs l'objet d'une enquête de l'UCI.

L'athlète de 31 ans a été contrôlée positive à l'EPO le 27 juin 2019, à l'issue du contre-la-montre des championnats de France sur route, qu'elle a terminé à la 10e place. «J'étais tellement perdue que j'étais prête à prendre le risque», a-t-elle dit après avoir reconnu avoir commandé fin mai 2019 dix flacons d'EPO sur internet. Elle voulait faire une performance pour que son directeur sportif, Marc Bracke, lui accorde «autant d'importance qu'aux autres filles, (la) garde dans l'équipe et (la) laisse tranquille avec cet acharnement», ajoute-t-elle.

Après avoir beaucoup hésité, la Française dit avoir réalisé une injection le 24 juin, avant d'apprendre son contrôle positif, le 18 juillet. Arrivée en 2018 dans l'équipe Doltcini-Van Eyck, Marion Sicot, officiellement non salariée mais défrayée, affirme qu'un autre «contrat secret» l'obligeait à payer ses frais de déplacement, «c'est-à-dire billets de train ou d'avion». Contacté par Stade 2, le directeur sportif a nié l'existence d'un tel contrat secret.

«Photos un peu plus osées, en string»

Les relations entre Sicot et Bracke «empirent de mois en mois, (avec) des messages de plus en plus blessants», ajoute-t-elle. A partir de novembre 2018, le directeur sportif lui demande des photos «en sous-vêtements», pour «pouvoir contrôler (son) poids», affirme Sicot. Le responsable a reconnu auprès de Stade 2 avoir demandé ces photos dans ce but. «Des fois, il me le demande deux fois dans la semaine. Et clairement, si je ne lui fournis pas ces photos, je ne pourrai pas faire les courses de début de saison», ajoute la cycliste.

Par la suite, elle refuse d'accéder à ses demandes de lui envoyer «des photos un peu plus osées, en string». «Sans cette année noire, je n'aurais jamais pris de l'EPO pour essayer d'obtenir un résultat ou une performance», justifie-t-elle. La cycliste reconnait avoir commis une faute et estime mériter une sanction - quatre ans prévus pour la prise d'EPO. «J'aimerais avoir une peine allégée, parce que j'ai quelques circonstances qui ont fait que j'en suis arrivée là», se défend-elle.

«Devant la gravité des accusations portées par cette coureuse, le président de la fédération française de cyclisme a décidé de saisir officiellement le président de l'UCI pour demander qu'une enquête soit diligentée sur les pratiques de cette équipe», a indiqué dimanche soir la FFC dans un communiqué. Dans une enquête fin février, le quotidien Le Monde avait indiqué que la Commission d'éthique de l'UCI avait ouvert une «procédure formelle» concernant la formation, à la suite de témoignages d'autres sportives de l'équipe.

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