Royaume-Uni - Double médaillé d’or, un membre d’Extinction Rebellion finit en prison

Publié

Royaume-UniDouble médaillé d’or, un membre d’Extinction Rebellion finit en prison

Un militant écologique, ancien athlète paralympique, a écopé de six mois de prison ferme à cause d’une action dans un aéroport. Une première.

Un ancien athlète paralympique qui s’était collé au toit d’un avion dans un aéroport de Londres lors d’une action du mouvement écologiste Extinction Rebellion a été condamné vendredi à un an de prison dont six mois ferme.

C’est la première peine de prison infligée à un membre du mouvement, a indiqué Extinction Rebellion, qui a annoncé faire appel de cette décision.

Double médaillé d’or

Le 10 octobre 2019, James Brown, un Nord-irlandais de 56 ans aveugle de naissance, était parvenu à monter sur le toit d’un avion de British airways à l’aéroport de London City.

Le double médaillé d’or, qui a représenté le Royaume-Uni en cyclisme et en athlétisme, avait collé sa main droite à l’avion avant de coincer son téléphone portable dans la porte pour empêcher celle-ci de se fermer.

Il avait passé une heure sur l’avion qui était à destination d’Amsterdam, aux Pays-Bas, occasionnant, selon l’accusation, des perturbations à plus de 300 passagers de British Airways, ce qui a coûté 40’000 livres (50’620 francs suisses) à la compagnie aérienne.

Vous avez cyniquement utilisé votre handicap pour mettre votre plan en action

Gregory Perrins, juge

«Le droit de manifester ne vous autorise pas à causer des perturbations majeures et généralisées dans un grand aéroport (...) simplement parce que vous pensez que c’est la bonne chose à faire», a déclaré le juge Gregory Perrins en annonçant la peine au tribunal de Southwark, à Londres.

«Vous avez cyniquement utilisé votre handicap pour mettre votre plan en action», lui a lancé le magistrat, ajoutant qu’il avait aussi mis sa propre vie en danger.

«Un jugement dangereux»

L’athlète avait été reconnu coupable de nuisance publique en juillet. James Brown avait affirmé lors de son procès qu’il devait «faire quelque chose de spectaculaire» pour attirer l’attention sur la crise climatique.

«C’est un jugement dangereux pour notre droit à la liberté d’expression, notre droit de manifester et pour ceux qui font campagne sur les questions environnementales, Nous allons faire appel de cette condamnation», a annoncé l’avocat Raj Chada, qui défend le mouvement écologiste.

Choqués et anéantis

Alanna Byrne, membre du mouvement, a dit que les militants étaient «choqués et anéantis» par la nouvelle de cette condamnation, qui intervient deux mois avant l’organisation de la conférence climat, la COP26, à Glasgow, en Écosse.

Dénonçant une «criminalisation des manifestants pacifiques», la militante estime que cela «montre clairement le manque d’engagement de notre gouvernement envers les négociations internationales qui auront lieu en novembre».

()

Ton opinion