France - Double meurtre des Cévennes: le père du tueur présumé l’appelle à se rendre
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FranceDouble meurtre des Cévennes: le père du tueur présumé l’appelle à se rendre

Quelques heures après la diffusion du signalement du jeune homme suspecté d’avoir abattu son patron et un collègue mardi, son père le supplie de se rendre.

L’appel poignant du père, qui invite son fils à se rendre aux autorités.AFP

«J’ai la garantie qu’il n’y aura pas feu si tu te rends maintenant, mon fils fais-moi confiance»: dans un message audio transmis via la gendarmerie, le père du meurtrier des Cévennes, l’a appelé jeudi à se rendre. «Valentin, c’est papa, je t’aime, on t’aime», a lancé Frédéric Marcone, dans un message à son fils de 29 ans.

«Iroise est magnifique, elle a dormi dans mes bras pendant deux heures, elle a besoin de toi, de son papa, Blandine a besoin de toi, elle est forte, elle a besoin de toi», dit le père dans ce vibrant message, en référence à la fille et à l’épouse de Valentin Marcone, en fuite depuis deux jours dans la forêt après avoir abattu deux personnes.

«Nous avons tous besoin de toi», ajoute le père, avant de conclure d’un «Je t’aime, nous sommes tous avec toi, bisous, papa», la voix tremblante.

Cet appel a été diffusé quelques heures après qu’un appel à témoins a été lancé pour débusquer le fugitif. Alors que près de 300 gendarmes passent au peigne fin le secteur où le meurtrier présumé a pris la fuite, au cœur de la forêt cévenole, les enquêteurs ont dévoilé un portrait très précis du fuyard.

L’appel à témoins diffusé jeudi par la police française précise que le meurtrier présumé, en fuite depuis mardi, est considéré comme dangereux.

L’appel à témoins diffusé jeudi par la police française précise que le meurtrier présumé, en fuite depuis mardi, est considéré comme dangereux.

AFP/GENDARMERIE DE L’HÉRAULT

Valentin Marcone est décrit comme «sportif, de corpulence moyenne», mesurant 1,70 m et portant des lunettes. «Susceptible d’être porteur d’une arme de poing et d’une carabine de précision, il est considéré comme dangereux», précise la police.

C’est avec cette même arme de poing que cet homme de 29 ans est soupçonné avoir abattu son patron et un de ses collègues, de plusieurs balles dans la tête, mardi matin, dans la scierie du petit village des Plantiers (Gard) où il était employé.

Lancé sur le compte Twitter de la gendarmerie de l’Hérault et le compte Facebook de la gendarmerie du Gard et rapidement relayé sur les réseaux sociaux, cet appel à témoins est accompagné d’une photo du suspect, un homme à l’apparence très jeune, cheveux châtain très courts et fines lunettes, à la corpulence moyenne, arborant un léger sourire.

Il est considéré comme «dangereux», alerte la gendarmerie, en appelant les éventuels témoins qui pourraient le croiser à n’intervenir «en aucun cas» eux-mêmes mais à contacter les enquêteurs au 0033 4 66 38 67 22.

Près de 300 gendarmes et 8 hélicos quadrillent la zone

«L’hypothèse désormais c’est qu’il aurait pu prendre la fuite plus loin, au-delà du périmètre de 15 km2 que nous fouillons depuis le départ», a expliqué la porte-parole de la gendarmerie en Occitanie.

Sur le terrain, le dispositif déployé par les forces de l’ordre et dirigé depuis le village de Saumane, à environ cinq kilomètres des Plantiers, était toujours important jeudi matin. Au total, ce sont près de 300 gendarmes, du Gard, de l’Hérault, des Alpes-Maritimes et de Roanne (Loire) qui quadrillent le terrain, épaulés par les unités d’élite du GIGN et du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie, et soutenus par huit hélicoptères.

Et derrière leurs ordinateurs, deux cartographes de crise de la gendarmerie, alimentés par des images de drones, tentent de repérer les moindres évolutions sur le terrain qui permettraient de repérer le passage d’un homme.

«Il a dû péter les plombs»

Toujours à pied d’œuvre également, des équipes cynophiles et notamment des chiens de race Saint-Hubert, aux capacités olfactives de pistage supérieures.

Le village des Plantiers était toujours bloqué jeudi matin, comme «reconfiné», ainsi que l’expliquait mercredi soir le maire, Bernard Mounier. Les habitants du secteur circulaient avec prudence, régulièrement contrôlés par les gendarmes postés aux différents points d’accès vers ce bourg de 260 habitants traversé par un cours d’eau et formé d’une dizaine de hameaux.

«Il faut montrer patte blanche», explique Christine, interrogée à son arrivée à Saumane après avoir traversé le petit pont gardé par deux véhicules des forces de l’ordre: «Tout est bloqué, tout est bouclé. Tout le monde est enfermé chez soi de peur de représailles, puisqu’on ne l’a pas encore trouvé».

Abattu pour une simple remarque

Mais cette habitante, qui préfère taire son nom, n’est elle-même pas particulièrement inquiète: «Non, je n’ai pas peur. Je suis sereine. Je ne crois pas qu’il en veut à la population. Il a dû péter les plombs, avec tous les soucis qu’il a eus», assure-t-elle, en évoquant à la fois le confinement face au Covid et «des différends avec l’ancienne mairie».

Selon les premiers éléments sur le drame lui-même, mardi matin vers 8 h, le meurtrier présumé, amateur de chasse et de tir sportif et qui était en conflit avec son employeur, apparemment pour des problèmes d’horaires de travail, est arrivé à la scierie. Et c’est à la suite d’une simple remarque de son patron, à qui il n’aurait pas dit bonjour, qu’il aurait sorti un pistolet et tiré.

(AFP)

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