Actualisé 26.03.2016 à 09:47

Douze Portugais résidant en Suisse romande tués

Drame en France

Seul le chauffeur a survécu dans une collision entre son minibus et un poids lourd dans le centre de la France.

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Le procès du chauffeur et du propriétaire du fourgon aménagé a débuté mercredi. Le procureur a requis quatre ans de prison à l'encontre des deux hommes. (Mercredi 13 juin 2018)

Le procès du chauffeur et du propriétaire du fourgon aménagé a débuté mercredi. Le procureur a requis quatre ans de prison à l'encontre des deux hommes. (Mercredi 13 juin 2018)

Le jeune conducteur et son oncle, propriétaire du minibus, impliqués dans la collision frontale survenue le 24 mars dans l'Allier (F) et qui avait coûté la vie à douze personnes ont été libérés sous caution. Le second se trouve désormais au Portugal. (Vendredi 22 juillet 2016)

Le jeune conducteur et son oncle, propriétaire du minibus, impliqués dans la collision frontale survenue le 24 mars dans l'Allier (F) et qui avait coûté la vie à douze personnes ont été libérés sous caution. Le second se trouve désormais au Portugal. (Vendredi 22 juillet 2016)

AFP
Lors d'une conférence de presse à Granges-Paccot (FR) en fin d'après-midi, la chancelière de l'Etat de Fribourg Danielle Gagnoux-Morel a présenté ses condoléances aux familles des victimes (Vendredi 25 mars 2016)

Lors d'une conférence de presse à Granges-Paccot (FR) en fin d'après-midi, la chancelière de l'Etat de Fribourg Danielle Gagnoux-Morel a présenté ses condoléances aux familles des victimes (Vendredi 25 mars 2016)

Keystone

Douze Portugais résidant en Suisse romande, dont une fillette de 7 ans, sont décédés dans la nuit de jeudi à vendredi dans une collision entre leur minibus et un poids lourd dans le centre de la France. Partis de Romont (FR), ils se rendaient au Portugal pour les fêtes de Pâques. Seul le chauffeur a survécu.

L'accident s'est produit tard jeudi soir sur la commune de Montbeugny, près de Moulins, préfecture du département de l'Allier. La route empruntée par le chauffeur, la nationale 79, est très fréquentée. Plus de 10'000 véhicules y circulent chaque jour, dont plus de 40% de camions, selon le ministère français des Transports cité par l'agence AFP.

Le véhicule «a dévié de sa route pour une raison encore indéterminée et percuté en choc frontal un poids lourd venant en sens inverse», ont indiqué les autorités départementales. Ses douze passagers, tous de nationalité portugaise, sont décédés. Une fillette de sept ans et ses parents, ainsi qu'une adolescente de 17 ans, figurent parmi les victimes. La plus âgée avait 63 ans.

Neuf d'entre elles vivaient à Fribourg, les trois autres résidaient dans le canton de Vaud.

Chauffeur très choqué

Le conducteur du fourgon, un Portugais également, âgé de 19 ans et résidant à Romont, a survécu. Souffrant d'une fracture du poignet et très choqué, le jeune homme «est actuellement hospitalisé dans l'attente d'être entendu par les services d'enquête», a précisé le procureur de Moulins, Pierre Gagnoud, lors d'une conférence de presse sur les lieux du drame.

Les deux conducteurs du poids lourd, deux Italiens, ont également été hospitalisés, mais leurs jours ne sont pas en danger. Une chapelle ardente a été dressée dans la salle des fêtes de Montbeugny. A la mi-journée, les dépouilles ont été transférées à l'hôpital de Moulins.

Une cellule d'urgence a été organisée sur les lieux. Elle est constituée de médecins, de psychologues et d'infirmiers. Un numéro d'appel vert a été mis en place par la préfecture de l'Allier.

Enquête en France

La police cantonale fribourgeoise a elle aussi constitué une cellule de soutien psychologique. Lors d'une conférence de presse à Granges-Paccot (FR) en fin d'après-midi, la chancelière de l'Etat de Fribourg Danielle Gagnoux-Morel a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Le chef du Département fédéral des affaires étrangères, Didier Burkhalter, a exprimé «sa vive émotion et toute sa sympathie», dans un communiqué.

L'enquête a été confiée à la gendarmerie française. Elle devra vérifier que le fourgon, présenté dans un premier temps comme un minibus, était aux normes. Selon une source judiciaire française, le véhicule ressemble plus à un utilitaire léger qu'à un véhicule de transport de passagers. «C'est certainement un véhicule aménagé», a ajouté cette source. D'après la gendarmerie, le véhicule avait des sièges à l'arrière.

Une route dangereuse

Les conducteurs ont subi des tests d'alcoolémie qui se se sont révélés négatifs. Le porte-parole de la police fribourgeoise Gallus Risse a indiqué lors de la conférence de presse qu'il restait à déterminer si le permis de conduire du chauffeur l'autorisait à conduire un véhicule de plus de neuf personnes.

Le tronçon de la nationale 97, où s'est produit le drame, est connu pour sa dangerosité. Cette route «est assez monotone, la vitesse est limitée à 90 km/h. Il y a ceux qui s'impatientent et ceux qui s'endorment», a relevé une source judiciaire française.

C'est «la route la plus meurtrière de France. Quand on fait le cumul, c'est quinze morts en une année, on ne sait pas ce qu'il faut» pour améliorer la sécurité, a lancé un conseiller municipal de Montbeugny.

Route de la mort

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a indiqué vendredi que plus de 100 millions d'euros d'investissements étaient prévus sur cette route pour sécuriser certains tronçons connus comme dangereux.

«Pour cette année, cela doit être la route de France sur laquelle il y a le plus d'investissements. De mémoire, il y a plus de 100 millions d'euros qui sont prévus», a déclaré M. Vidalies sur RMC/BFMTV.

«C'est un secteur qui est connu en tant que tel, qui a été repéré depuis plusieurs années», a-t-il ajouté.

Cette route est surnommée «route de la mort» par les habitants de la région.

(AFP)

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