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Brétigny-sur-OrgeDrame ferroviaire: aucune hypothèse n'est «écartée»

Au moins six personnes ont trouvé la mort vendredi dans le déraillement du train Paris-Limoges dans la gare de Brétigny-sur-Orge. Aucune hypothèse n'est «écartée», selon le Premier ministre.

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Une photo publiée par la SCNF de l'éclisse qui se serait désolidarisée.

Une photo publiée par la SCNF de l'éclisse qui se serait désolidarisée.

AFP
Une photo publiée par la SCNF de l'éclisse qui se serait désolidarisée.

Une photo publiée par la SCNF de l'éclisse qui se serait désolidarisée.

En conférence de presse, Guillaume Pepy a réaffirmé que le train avait vraisemblablement déraillé à cause d'une éclisse défectueuse.

En conférence de presse, Guillaume Pepy a réaffirmé que le train avait vraisemblablement déraillé à cause d'une éclisse défectueuse.

AFP

Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a incité à la prudence quant à une évolution du bilan. Les trois voitures qui se sont couchées doivent être relevées dans la journée et «nous ne sommes pas à l'abri de mauvaises découvertes», a-t-il dit.

Il a précisé que «les opérations de levage des wagons seront très longues» puisque «les wagons sont très imbriqués». Concernant l'origine de l'accident, il a précisé qu'aucune hypothèse n'était «écartée» mais que des problèmes d'aiguillage ou bien au niveau de l'infrastructure - essieux et roues- étaient prioritairement examinés.

Cet accident ferroviaire inédit en France par son ampleur depuis un quart de siècle a fait d'après un bilan encore provisoire six morts, huit blessés graves et 22 plus légers.

Le travail d'identification de ces corps promet d'être «très long», a prévenu la veille au soir le président français François Hollande, venu sur place. Quelque 300 pompiers, vingt équipes médicales et huit hélicoptères ont été mobilisés.

Vitesse normale

Au lendemain du choc vient le temps des questions. Infrastructures défaillantes ou obsolètes ? Avaries du train au niveau de la roue ou de l'essieu ? Défaut dans les voies ou dans l'aiguillage ? Erreur humaine ? Voire acte de malveillance ? Rien n'est clair pour l'heure.

«Aujourd'hui, il est impossible de donner une information» sur les causes de cet accident, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui aussi accouru sur les lieux de l'accident.

«Tout est possible mais rien n'est privilégié», a déclaré dans la nuit le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet. Il est «beaucoup trop tôt pour tirer quelques conclusions que ce soit», a renchéri le patron de la compagnie ferroviaire SNCF, Guillaume Pépy.

Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a exclu une vitesse excessive, expliquant que le train était arrivé à 137 km/heure, soit sous la vitesse maximale autorisée (150 km/h). Avec 385 voyageurs, le train Paris-Limoges n'était a priori pas non plus surchargé.

Question autour de l'aiguillage

Des travaux ont été récemment menés «fin juin» à proximité immédiate de la catastrophe pour remédier à «un défaut majeur». Mais la SNCF a assuré qu'ils ne concernaient pas la voie où s'est produit l'accident.

Seule certitude: la catastrophe s'est déroulée à hauteur d'un aiguillage, à 200 mètres en amont de la gare. Des voyageurs ont expliqué avoir instinctivement pensé à un problème d'aiguillage. Mais une demi-heure avant la catastrophe, un autre train est passé au même endroit, sans qu'aucune anomalie ne soit relevée.

Le train s'est scindé en deux en arrivant à grande vitesse dans la gare vendredi en fin d'après-midi, en pleine heure de pointe. «Une partie du train a continué à rouler, tandis qu'une autre s'est couchée sur le flanc sur le quai», a indiqué une source policière.

Tous les témoins se sont accordés pour décrire la violence inouïe de la catastrophe qui s'est déroulée sur «plusieurs centaines de mètres». Des morceaux de ballast ont été retrouvés dans la ville.

Collision évitée

Des voyageurs et des témoins ont décrit des scènes d'horreur. «J'ai vu beaucoup de blessés, des femmes des enfants bloqués à l'intérieur. Les gens criaient», a témoigné un chômeur de 30 ans qui attendait son train en gare de Brétigny.

Un passager a expliqué, lui, avoir dû «enjamber une personne décapitée» pour sortir du wagon dans lequel il se trouvait.

Mais le bilan aurait pu être encore plus lourd, une collision avec un train ayant été évitée grâce au sang-froid des cheminots, selon M. Pépy. Le conducteur du train a eu le réflexe de déclencher toutes les alarmes qui ont entraîné l'arrêt de tous les trains dans la zone.

La circulation sur les grandes lignes ferroviaires a été coupée au départ et à l'arrivée de la gare d'Austerlitz à Paris vendredi soir. La gare de Brétigny-sur-Orge devrait, elle, restée fermée pour trois jours, selon les autorités.

Il s'agit de la catastrophe ferroviaire la plus grave survenue en France depuis celle de la gare de Lyon qui avait fait 56 morts en 1988 à Paris.

(ats)

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