Sécurité: Drone suisse pour rambos français
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SécuritéDrone suisse pour rambos français

Joli succès pour la société lausannoise Flyability: la prestigieuse unité d'élite française RAID a adopté ses drones.

par
Renaud Michiels
La police peut envoyer le drone en éclaireur, pour qu'il repère par exemple l'emplacement exact d'un terroriste.

La police peut envoyer le drone en éclaireur, pour qu'il repère par exemple l'emplacement exact d'un terroriste.

Flyability SA

Une prise d'otages est en cours. D'une fenêtre d'un appartement, un tireur isolé sème la terreur. Des terroristes sont retranchés dans un bâtiment. Dans tous ces cas de figure, la police voudra identifier la menace et la localiser aussi précisément que possible. Et elle préférera envoyer un robot qu'un humain pour cette périlleuse mission d'espionnage. C'est exactement ce que propose le drone Elios, de la société lausannoise Flyability. Qui vient de séduire le RAID, l'unité d'élite de la police nationale française.

Fait pour les espaces dangereux

Flyability a annoncé la bonne nouvelle mercredi. «Nous avons fait une démonstration et ils ont rapidement décidé d'aller de l'avant. Elios correspondait manifestement à ce qu'ils cherchaient», explique Marc Gandillon, responsable marketing de l'entreprise, un spin off de l'EPFL qui emploie aujourd'hui une soixantaine de personnes.

Concrètement, Elios a été pensé et conçu pour le vol en intérieur, pour se balader sans problème dans des espaces clos complexes ou dangereux. Grâce à sa «cage» extérieure sphérique et souple, il résiste aux collisions. Mieux même: il utilise les obstacles, rebondissant sur une marche d'escalier, roulant contre un mur. Elios pèse quelque 700 grammes pour 40 cm de diamètre. Pour repérer ses «proies», l'espion volant est muni d'un projecteur lumineux et d'une caméra haute résolution. Ainsi que d'une caméra thermique pour détecter une présence humaine dans le noir.

Protégé par sa cage sphérique, Elios résiste aux collisions et est conçu pour voler en intérieur.

Protégé par sa cage sphérique, Elios résiste aux collisions et est conçu pour voler en intérieur.

Des capacités qui en font un précieux éclaireur pour des policiers face à une situation extrême. À un détail près: Elios n'est pas vraiment furtif. «On peut même dire qu'il est bruyant», rigole Marc Gandillon. «Ses quatre hélices superposées vibrent et font du bruit. Mais face à un cas d'urgence, par exemple une personne qui tire, ça n'a vraiment aucune importance.»

Ce joujou fourni avec sa télécommande, sa tablette, ses pièces de rechange ou encore ses batteries coûte 25 000 francs pièce. Combien le RAID en a-t-il acheté? «L'unité d'élite, et on le comprend, ne tient pas à communiquer sur cette question ni à donner des détails sur son utilisation du drone. Mais on peut parler d'une première phase d'intégration, avec une quantité limitée de drones», répond Marc Gandillon.

Bonne publicité

Elios reste surtout utilisé dans l'industrie, pour inspecter des sites confinés ou dangereux dans des centrales électriques, des mines, des installations chimiques ou pétrolières. Mais une dizaine de corps de police dans le monde l'ont aujourd'hui adopté. La start-up ne cache pas son plaisir d'avoir convaincu le prestigieux RAID français, s'offrant en passant un joli coup de pub. «Oui, ça représente un élément de validation. Et, oui, on espère que d'autres forces de police leur emboîtent le pas», confirme Marc Gandillon. Peut-être en Suisse, où aucune police n'a pour l'instant acquis cet assistant volant.

Nul n'est prophète en son pays.

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