Scandale alimentaireDu cheval avait déjà été vendu en guise de bœuf hallal
La société Spanghero aurait acheté 42 tonnes de viande de cheval à une société chypriote en janvier déjà condamnée pour avoir vendu du cheval à la place de bœuf hallal.

Le scandale des lasagnes au cheval en lieu et place du bœuf touche plusieurs pays d'Europe.
Quarante-deux. C'est le nombre de tonnes de viande de cheval achetées par la société française Spanghero via le courtier chypriote Draap, dont les noms ont déjà été cités dans le scandale de substitution de viande de bœuf par du cheval dans des plats cuisinés qui a éclaté en Europe. C'est le quotidien Le Parisien, qui révèle l'information ce jeudi, copie de facture à l'appui.
D'après ces factures, la société française aurait reçu 42 tonnes de minerai de cheval - produit haché issu du désossage d'un cadavre, composé des bas morceaux (attaches de muscles, gras, quartiers les moins nobles): 18 tonnes et demi le 4 janvier, 18 tonnes le 9 janvier et 4 tonnes le 12 janvier.
Le journal publie le fac-similé d'une facture du 4 janvier à l'entête de la société chypriote Draap Trading - «cheval» se dit «paard» en hollandais -, dont le directeur est néerlandais, adressée à «Spanghero viande élaboré» à Castelnaudary (Aude) avec les détails d'une commande de «minerai» sous le code «0205 0080», qui correspondrait à une norme internationale pour de la viande de cheval surgelée.
Jamais, jamais, ô grand jamais
Un représentant de la société a indiqué au journal que «Spanghero n'a jamais jamais reçu de factures de Draap Trading relatives à de la viande de cheval», et «ne s'explique pas» les documents consultés par le journal.
Dans le même temps, plusieurs médias européens ont rapporté que le directeur de Draap, Jan Fasen, a été condamné à un an de prison dont trois mois avec sursis en janvier 2012 pour avoir vendu de la viande de cheval provenant d'Amérique du sud pour du bœuf allemand halal.
Le Financial Times, qui dit puiser ses informations dans des documents du tribunal de Breda (ouest des Pays-Bas), précise que cette viande a été vendue en France, mais le nom du client a été masqué.
La chaîne publique de télévision néerlandaise NOS a ajouté qu'un second courtier en viande de Oosterhout (sud-ouest des Pays-Bas) avait écopé de travaux d'intérêt général pour complicité.
Viande impropre à la consommation?
L'Union européenne a d'ailleurs annoncé dans la soirée une campagne de tests ADN dans tous les Etats membres et une coordination des enquêtes par Europol, à l'issue d'une réunion de crise à Bruxelles. Outre 2500 tests ADN à travers toute l'Europe sur les plats au boeuf, il demande aux Etats de procéder à quelque 4000 contrôles pour détecter la présence éventuelle de phénylbutazone, un anti-inflammatoire pour les chevaux, qui rendrait la viande impropre à la consommation.