Pandémie - Duel entre tourisme suisse et industrie du voyage
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PandémieDuel entre tourisme suisse et industrie du voyage

L’évolution de la pandémie et les conditions fixées aux voyageurs par Berne seront décisives pour le tourisme indigène et à l’étranger. Le secteur réclame une aide de 3 milliards.

Les villes, moins prisées par les Suisses, sont toujours désertées par les étrangers. Les montagnes suisses affichent en revanche déjà bon nombre de réservations.

Les villes, moins prisées par les Suisses, sont toujours désertées par les étrangers. Les montagnes suisses affichent en revanche déjà bon nombre de réservations.

AFP

Le «SonntagsBlick» note que, pour cet été se joue un duel entre tourisme intérieur et industrie du voyage, balnéaire notamment. Car, si la situation sanitaire s’améliore, laissant présager de beaux jours pour le tourisme intérieur, de nombreux Suisses préfèreront probablement partir.

«Je parie que la Suisse sera plus vide cette année que l’année dernière», lance Christian Laesser, professeur de tourisme à l’Université de Saint-Gall. Cependant, tout dépend des conditions de voyage à l’étranger et de la liste des pays à risque publiée par l’OFSP: «Elle est le plus grand cadeau offert au tourisme national, car pour l’instant elle dissuade les gens de voyager à l’étranger», note-t-il.

D’ailleurs, les régions touristiques dans les montagnes suisses affichent déjà bon nombre de réservations. Contrairement aux villes, moins prisées par les Suisses mais surtout désertées par les étrangers qui ne reviendront pas avant 2023 au moins, selon Andreas Züllig, président d’Hotelleriesuisse.

La Grèce et l’Espagne s’ouvrent

En parallèle, des destinations prisées comme la Grèce et l’Espagne ouvrent leurs portes. Et les agences de voyage enregistrent une hausse des réservations, de 10% par semaine chez Kuoni par exemple pour la région méditerranéenne.

Face à cette évolution, la Confédération a aussi un rôle à jouer, notent les responsables du tourisme interviewés par le journal dominical. Berne devrait ainsi laisser voyager les personnes vaccinées contre le Covid-19 sans restriction – sans tests ni quarantaine, estime le conseiller national schaffhousois Thomas Hurter (UDC), président de l’association aéronautique Aerosuisse.

Le duel semble donc se jouer entre nos montagnes et la mer, sans que l’on puisse encore en prédire le gagnant. Car l’issue dépend de l’évolution du virus et de nos responsables politiques, estime le «SonntagsBlick».

3 milliards pour soutenir le tourisme

Côté tourisme encore, les associations faîtières ont exigé, il y a peu, un programme de soutien à Berne. N’y allant pas par quatre chemins, le conseiller aux États Hans Wicki (PLR/NW) et président de l’association Remontées mécaniques suisses a articulé un chiffre: il faut que la Confédération injecte 3 milliards de francs au cours des dix prochaines années «pour que la branche touristique ne soit pas perdante», estime-t-il.

Hans Wicki argumente ainsi dans la «SonntagsZeitung»: à cause de la pandémie, le secteur touristique suisse a épuisé ses réserves et s’est endetté, manquant ainsi de fonds d’investissement. Ceci en particulier dans le secteur de l’hébergement, où jusqu’à 70% d’entreprises ont suspendu leurs projets à fin 2020. Et aussi pour la rénovation des chemins de fer de montagne, pour lesquels Hans Wicky réclame 1,5 milliard de francs de subsides.

(ewe)

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